Une puissante détonation a retenti dimanche à 15 h 18 à Colombes, dans Hauts-de-Seine : l’imposante bombe de la seconde guerre mondiale a été détruite par une explosion contrôlée souterraine actant la réussite d’un déminage sous haute tension.
Un bruit sourd suivi de lourds échos se répercutant à des centaines de mètres à la ronde a traversé les rues vidées de leurs habitants de cette commune située à l’ouest de Paris, tandis qu’un drone survolait le site pour inspecter le cratère et s’assurer de la sécurisation totale des lieux.
L’opération commencée à 10 h 30 rue des Champarons avait finalement basculé vers ce scénario redouté à la mi-journée. Les spécialistes du laboratoire central de la préfecture de police (LCPP) avaient d’abord tenté de désamorcer manuellement l’explosif mesurant 1,06 mètre de longueur sans son empennage pour 33 centimètres de diamètre.
Cette délicate manœuvre n’ayant « malheureusement pas été possible », selon la préfecture de police, les démineurs avaient dû procéder à son enfouissement.
Des images de l’opération montraient le lourd vestige métallique rouillé reposant au fond d’une fosse sableuse fermement calé par d’épais madriers en bois brut encastrés devant des parois en béton. D’importants travaux de recouvrement avaient ensuite été nécessaires pour étouffer le souffle de la détonation.
Echec du déminage manuel
Peu avant cette annonce actant l’échec technique, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, avait expliqué devant la presse que les équipes se trouvaient encore « à l’embranchement des deux scénarios » après avoir réussi l’extraction physique du mur et le positionnement de la munition dans la fosse de deux mètres de profondeur.
« Soit les démineurs parviennent à déminer la bombe, soit nous devrons l’ensevelir et la faire exploser sur place », avait résumé le haut fonctionnaire. Ce revers technique a inévitablement étiré l’exil forcé de plus d’un millier de riverains sommés d’évacuer depuis l’aube un périmètre de 450 mètres de rayon.

Le représentant de l’État a précisé que « 1 006 personnes » ont été réorientées vers les cinq centres d’accueil ouverts par les villes de Colombes, Asnières-sur-Seine et Bois-Colombes. L’évacuation matinale a été « conclue en 3 heures 30 », permettant également la prise en charge de « 67 personnes vulnérables » par les secours.
800 agents pour sécuriser la zone
A l’abri dans ces vastes complexes, les familles ont patienté tout au long de la journée. Dans une autre salle aménagée à l’écart, des lits de camp avaient été dressés pour préserver le repos des personnes âgées vulnérables. Le contraste était saisissant avec le reste du complexe sportif où un jeune homme en blouson noir tuait le temps assis à même le sol contre un pilier à côté d’un sachet de chips pendant que d’autres se plongeaient dans des bandes dessinées.
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A l’extérieur, le secteur bouclé s’était mué en ville fantôme. Les rues barrées étaient complètement désertes en fin de matinée, à l’exception des voitures de police effectuant d’ultimes rondes.
Si cette zone rouge est restée figée dans le silence jusqu’à l’explosion, le second périmètre de sécurité étendu jusqu’à un kilomètre a fourmillé en revanche d’activité. Derrière les panneaux jaunes interdisant la circulation, on y croisait le ballet continu des véhicules de la Croix-Rouge, de la Protection civile, des sapeurs-pompiers et de la gendarmerie.

Près de 800 agents sécurisent cette zone très dense de la banlieue parisienne survolée par des moyens aériens empêchant les cambriolages d’opportunité. La circulation routière et le trafic de six lignes de bus RATP demeurent coupés.
L’explosion étant désormais passée, les résidents devront encore patienter le temps des ultimes vérifications de sécurité pour espérer recevoir le SMS les autorisant à rentrer chez eux.
Source:
www.lemonde.fr





