Tout au long de l’année, la Fondation propose rencontres, lectures, tables rondes, concerts ou performances pour faire dialoguer les formes d’écriture au-delà du livre. Bibliotopia s’inscrit dans cette dynamique en concentrant, sur un week-end, une série d’échanges autour d’un motif commun, après avoir exploré successivement les frontières, le rôle de l’écrivain, la famille, le changement, le soin, l’incertitude, l’amour ou encore les révolutions.
En 2026, la notion de folie est abordée dans ses multiples dimensions : expérience intime, construction sociale, outil de résistance ou encore moteur de création. Comment la littérature représente-t-elle les fragilités psychiques ? Peut-elle contribuer à déconstruire les stigmates liés aux maladies mentales ? Autant de questions au cœur de cette édition.
Une constellation d’écrivains internationaux
Pour nourrir cette réflexion, le festival réunit une quinzaine d’auteurs et autrices venus de différents horizons : Lisa Appignanesi, Najwa Barakat, Mircea Cărtărescu, Horatio Clare, Patrick Lemoine, Rosa Montero, Philippa Motte, Lucienne Peiry, Witold Szabłowski, Michel Thévoz, David Thomas, Claire Touzard, Olivier Vonlanthen, Antoine Wauters et Adèle Yon.
Leurs œuvres croisent littérature, essai, journalisme ou recherche, et interrogent chacune à leur manière les rapports entre création et déséquilibre. Rosa Montero évoque ainsi les romans comme des « délires contrôlés » permettant de donner sens au monde, tandis qu’Antoine Wauters décrit la folie comme « le pays des souffrances qui n’ont plus nulle part où aller ».
D’autres voix prolongent cette réflexion : Adèle Yon interroge la norme à travers l’expérience du trop-plein, Horatio Clare critique la médicalisation des troubles psychiques, quand Michel Thévoz souligne que certaines altérations mentales peuvent ouvrir à des visions inédites.
Parcours et œuvres : entre littérature et sciences humaines
Les auteurs invités témoignent de parcours variés. Lisa Appignanesi, ancienne présidente de la Royal Society of Literature, explore la mémoire et la condition féminine. Najwa Barakat, écrivaine libanaise installée en France, met en scène des personnages confrontés à la violence et à la perte de repères. Mircea Cărtărescu, figure majeure des lettres roumaines, déploie dans ses romans une écriture hallucinée mêlant rêves et réalité.
Horatio Clare, journaliste gallois, et Patrick Lemoine, psychiatre et auteur, abordent la maladie mentale sous des angles complémentaires, entre récit personnel et vulgarisation scientifique. Rosa Montero, quant à elle, interroge le rôle de la folie dans la création artistique.
Philippa Motte et Claire Touzard s’inscrivent dans une réflexion contemporaine sur la santé mentale, tandis que Lucienne Peiry et Michel Thévoz interrogent l’art brut comme expression en marge des normes culturelles. Witold Szabłowski, David Thomas ou encore Olivier Vonlanthen explorent, chacun à leur manière, les liens entre troubles psychiques, récits et structures sociales.
Antoine Wauters et Adèle Yon complètent cette constellation, en abordant respectivement les traumatismes et la transmission, ou encore les violences psychiatriques et les secrets familiaux.
Trois jours de rencontres et de lectures
Le programme s’ouvre le vendredi 29 mai avec une lecture par les étudiants de La Manufacture, suivie d’un échange entre Rosa Montero et Patrick Lemoine autour des liens entre folie et création, avant un cocktail.
Le samedi 30 mai se structure autour de plusieurs temps forts :
Philippa Motte et David Thomas évoqueront l’écriture de la maladie mentale ;Lisa Appignanesi et Horatio Clare aborderont les récits psychiatriques ;Claire Touzard et Olivier Vonlanthen discuteront des traumas et des formes de résistance ;Rosa Montero proposera une intervention consacrée à « la puissance de l’étrangeté ».
Le dimanche 31 mai, les échanges se poursuivront avec Patrick Lemoine et Witold Szabłowski sur la folie au pouvoir, Najwa Barakat et Antoine Wauters sur les « fantômes de la psyché », puis Mircea Cărtărescu sur le chaos du réel. Lucienne Peiry et Michel Thévoz dialogueront autour de l’art brut, avant une intervention d’Adèle Yon consacrée aux normes et à leurs marges.
Une fondation dédiée à la littérature vivante
Créée par Vera Michalski-Hoffmann, la Fondation Jan Michalski se veut un lieu entièrement consacré à l’écriture et à la littérature. Elle propose une bibliothèque multilingue de plus de 80.000 ouvrages, des résidences d’écriture, un prix international et de nombreux événements culturels.
Pensée comme une « petite cité en pleine nature », elle favorise les rencontres entre écrivains, artistes et publics, dans une volonté de faire circuler les idées et de soutenir la création contemporaine.
Ci-dessous, une présentation des écrivains invités et le programme détaillé :
Crédits photo : Fondation Jan Michalski © Leo Fabrizio
Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com
Source:
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