Entre chants et cris de joie, le pape Léon XIV a été accueilli dans la ferveur populaire dans l’est de l’Angola lundi 20 avril, au troisième jour de sa visite du pays lusophone où il a appelé à résister au « fléau de la corruption ».
Publié le : 20/04/2026 – 17:17
4 min Temps de lecture
Le souverain pontife est arrivé peu avant 10 h (09 h TU) à Saurimo, à plus de 800 km de la capitale Luanda, chef-lieu de la province de Lunda-Sul, une région enclavée et historiquement marginalisée, voisine des zones diamantifères du nord-est. Dans la chaleur tropicale, entouré de nombreux agents de sécurité, il s’est offert un nouveau bain de foule en papamobile dans les rues de la ville d’environ 220 000 habitants, où l’Église catholique tente de répondre à une pauvreté endémique et de pallier les carences des infrastructures publiques.
En milieu de matinée, le chef des 1,4 milliard de catholiques a visité une structure accueillant une soixantaine de personnes âgées défavorisées, abandonnées par leur famille ou victimes de violences. Il y a été reçu par les chants enthousiastes des résidents, habillés de tenues colorées et agitant des foulards blancs, après avoir été acclamé par des centaines de personnes massées le long des routes, dont de très nombreux enfants. « Votre présence dans ce foyer est une bénédiction de Dieu », a déclaré au pape l’Américain Antonio Joaquin, 72 ans, qui a témoigné devant lui des violences subies par sa famille.
Léon XIV a célébré en fin de matinée une messe en plein air devant quelque 60 000 fidèles. La province de Lunda-Sul est confrontée à la pauvreté et aux conséquences environnementales de l’exploitation minière, que le pape a dénoncées dès son arrivée dans le pays.
« Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par les tyrans et trompés par la richesse », a déploré le pape en portugais dans son homélie lors d’une messe géante en plein air.
« Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns », a-t-il fustigé devant 40 000 fidèles, auxquels s’ajoutaient 20 000 autres personnes dans les zones alentours, selon les autorités locales.
Quelques minutes plus tôt, dans la chaleur tropicale, entouré de nombreux agents de sécurité, le souverain pontife s’est offert un nouveau bain de foule en papamobile dans les rues de la ville d’environ 220 000 habitants, où l’Église catholique tente de pallier les carences des infrastructures publiques.
À lire aussiEn Angola, Léon XIV se rend au chevet des populations délaissées des zones minières
Lundi après-midi, Léon XIV est retourné à Luanda pour une rencontre avec les évêques, prêtres et religieux à la paroisse Notre-Dame de Fatima, un temps d’échange consacré aux défis de l’Église angolaise, qui fait face à une pénurie de moyens et au poids croissant des Églises évangéliques.
Après Jean-Paul II (1978-2005) en 1992 et Benoît XVI (2005-2013) en 2009, Léon XIV est le troisième pape à visiter ce pays, qui a accédé tardivement à l’indépendance du pouvoir colonial portugais en 1975. Dimanche, lors d’une messe géante près de Luanda devant 100 000 fidèles, le pape de 70 ans a appelé à « surmonter les vieilles divisions » et à « guérir le fléau de la corruption » par « une nouvelle culture de justice et de partage ».
À lire aussiEn Angola, Léon XIV dénonce la corruption et la pauvreté, deux problèmes majeurs du pays
Environ un tiers de la population angolaise vit sous le seuil de pauvreté international de 2,15 dollars par jour, selon la Banque mondiale, alors que l’économie nationale repose en grande partie sur l’exploitation et l’exportation de matières premières, pétrole et minerais. Quelque 44 % de la population, soit environ 15 millions d’Angolais, s’identifient comme catholiques, selon un recensement de 2024 dans ce pays d’Afrique australe, sorti exsangue en 2002 d’une guerre civile meurtrière déclenchée dans la foulée de l’indépendance.
À lire aussiEn Angola, Léon XIV fustige les «catastrophes» liées à l’exploitation des ressources
La tournée du pape en Afrique, un périple de 18 000 km sur 11 jours débuté en Algérie et poursuivi au Cameroun, s’achèvera en Guinée équatoriale du 21 au 23 avril.
À lire aussiLéon XIV en Afrique: les enjeux de la tournée du «pape le plus africain que nous ayons eu»
Source:
www.rfi.fr





