Plusieurs partis d’opposition britanniques ont appelé, jeudi 16 avril, le premier ministre travailliste Keir Starmer à démissionner, après de nouvelles informations sur la nomination de l’ancien ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le journal The Guardian a révélé, jeudi, que le ministère des affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.
Des responsables du Foreign Office ont décidé d’aller « contre la recommandation » de ce service, a confirmé, jeudi, un porte-parole de Keir Starmer, qui a déclaré que ni le premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement « n’étaient au courant » de ces éléments « avant le début de la semaine ».
Le Foreign Office a affirmé, jeudi, par la voix d’un porte-parole « travailler en urgence » à apporter des réponses sur l’octroi de cette habilitation.
« Starmer a trahi la sécurité nationale »
Début février, Keir Starmer avait déclaré à la presse qu’un « contrôle mené de manière indépendante par les services de sécurité » avait permis à Peter Mandelson d’obtenir « l’habilitation nécessaire pour occuper ce poste ».
La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé, jeudi sur X, que « Starmer a trahi la sécurité nationale » et doit donc « démissionner ».
Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a, lui, affirmé que « si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir ».
Le premier ministre, qui a limogé Peter Mandelson en septembre 2025, a accusé l’ex-ambassadeur d’avoir « menti de manière répétée » à Downing Street sur l’étendue de ses liens avec Jeffrey Epstein.
Averti du « risque réputationnel »
Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement, cible de critiques depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie britannique cet ami du financier américain décédé en prison en 2019.
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Le porte-parole de Keir Starmer a réaffirmé, jeudi, la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d’apprendre que M. Starmer avait été averti du « risque réputationnel » posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer.
La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère de la justice américain. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d’influer sur les marchés financiers, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010.
Source:
www.lemonde.fr





