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À la recherche d'électeurs, Gabriel Attal soumet la lecture de son livre à des IA

À défaut d’être parvenu à déréguler l’encadrement du 1er mai, Gabriel Attal met les robots au travail. En amont de la parution de son livre En homme libre (Éditions de l’Observatoire), publié ce 23 avril, les équipes du parti présidentiel Renaissance, dont il est le secrétaire général, ont jugé opportun de diffuser une série de visuels sur les réseaux sociaux de la formation politique.

Le HuffPost en détaille la teneur : l’un d’entre eux montre l’actrice britannique Emma Watson, qui a incarné Hermione Granger dans la saga Harry Potter, plongée dans la lecture du livre d’Attal. Un commentaire y est associé : « Cinq étoiles. Oubliez le ministère de la magie, voilà le vrai programme ! Honnêtement même Hermione l’aurait dévoré d’une traite sans jamais quitter la bibliothèque de Poudlard ! »

Une autre image fait voir Cristiano Ronaldo, avec cette critique prétendument signée par le footballeur : « Je sais ce que c’est que de travailler dur tous les jours pour rester le numéro 1. Gabriel a cette même mentalité de gagnant pour son pays et ça se ressent à chaque page. »

Bien évidemment, ces appréciations élogieuses relèvent de la pure fiction, tandis que les photographies qui les accompagnent sont des générations d’un outil d’intelligence artificielle. Le détournement était bien sûr imaginé à des fins parodiques, mais la manipulation de l’image de différentes personnalités, dont la chanteuse Rosalía ou le rappeur Kendrick Lamar, sans le consentement des principaux intéressés, a choqué.

Le parti Renaissance assure que les publications découlent d’une « erreur » : « Des jeunes militants ont envoyé des visuels parodiques sur le livre et l’équipe web du parti a voulu les partager. » Face au tollé, les images ont rapidement été supprimées.

Le livre, l’indispensable du candidat

La parution d’un livre reste une opération de communication commune pour un candidat ou une candidate à une élection, encore plus si elle est présidentielle. À ce titre, nombreux sont les commentateurs, comme dans Le Figaro ou dans Chez Pol, la lettre d’info de Libé, à avoir noté que Gabriel Attal avait choisi les éditions de l’Observatoire pour porter son bouquin, marchant ainsi dans les traces d’un certain Nicolas Sarkozy — c’était avant les années Fayard et la lune de miel avec Vincent Bolloré.

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Mieux encore : c’est au sein de la très cossue Librairie Lamartine, dans le 16e arrondissement de Paris, que le secrétaire général de Renaissance a dédicacé l’ouvrage, dès ce mercredi 22 avril. Un établissement très apprécié par un autre politique, Sarkozy Nicolas…

Pour les éditions de l’Observatoire, Attal ne fait pas dans l’originalité, tant la maison d’édition, fondée en 2016 et désormais intégrée à Terre Neuve, ouvre largement ses portes aux responsables politiques et figures médiatiques de droite. Sarkozy, donc, mais aussi Michel Onfray, Alain Duhamel, Xavier Driencourt, Bruno Retailleau ou encore Agnès Verdier-Molinié figurent au catalogue. L’« aile droite » de la gauche y a aussi trouvé une place, avec Gilles Kepel, Bernard Cazeneuve ou, prochainement, Jérôme Guedj, également candidat à la présidentielle en 2027.

Cette multiplication des parutions politico-médiatiques n’assure pas toujours le succès en librairie. Depuis 2019, avant le rachat par Albin Michel, L’Observatoire aurait ainsi accumulé 2,2 millions € de pertes d’exploitation en librairie, dont 1,5 million € sur la seule année 2021.

Les prochaines semaines révèleront si le livre de Gabriel Attal a trouvé son public. S’il compte sans doute sur le soutien des librairies, la réciproque n’est pas vraie : sa page Linktree affiche uniquement des liens d’achat vers Amazon et la Fnac.

Des choix pour le moins étranges, alors qu’il défendait il y a quelques semaines encore le « petit artisan » face au jour chômé qu’est le 1er mai… Au moins fait-il mieux que Jordan Bardella, qui, pour sa part, renvoyait seulement vers Amazon.

Photographie : Gabriel Attal, en 2025 (Ismail Aissoub, CC BY 4.0)

Par Antoine OuryContact : ao@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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