Le président de la Fifa Gianni Infantino, assailli de critiques après un projet finalement avorté d’ouverture de l’instance mondiale aux investisseurs privés, se réunit ce mercredi 5 août au Maroc avec de hauts responsables de l’instance, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Cette réunion se tient au siège pour l’Afrique de la Fifa, au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, a précisé cette source sous couvert de l’anonymat.
Publié le : 05/08/2026 – 11:29Modifié le : 05/08/2026 – 16:18
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On ignore encore les raisons précises du choix du Maroc pour accueillir cette réunion. Le pays doit coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. M. Infantino se trouvait néanmoins dans le royaume à l’occasion de la Fête du Trône la semaine dernière.
Projets clivants
À la tête de la Fifa depuis dix ans, Gianni Infantino a multiplié les projets clivants, jusqu’à annoncer la semaine dernière vouloir créer une société extérieure (la Fifa Forward Enterprise, FFE) pour gérer les activités commerciales de l’instance et les tournois comme les Coupes du monde, avec l’arrivée d’investisseurs privés.
Présenté à la surprise générale mardi 29 juillet après qu’il a été révélé par la presse, le projet a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l’opposition de nombreux acteurs du foot, dont la confédération européenne (UEFA).
Plusieurs cadres de la Fifa ont pris leurs distances ces derniers jours avec Infantino, dont Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l’instance, et le secrétaire général de l’instance Mattias Grafström.
Ce dernier, dans une lettre aux salariés de la Fifa et consultée par l’AFP, a regretté « une série d’événements tristes et condamnables », qui ont « heureusement abouti à l’abandon permanent » du projet. Le conseiller principal de Gianni Infantino Carlos Cordeiro avait déjà démissionné vendredi, disant s’opposer « catégoriquement » au projet d’Infantino.
Contestations à la pelle
La contestation au sein de la Fifa vient s’ajouter aux pressions extérieures, venant notamment de la puissante UEFA mais aussi de la Concacaf (confédération nord-américaine et des Caraïbes), qui après avoir torpillé le projet de FFE, ont critiqué directement Infantino.
La Concacaf a ainsi demandé la semaine dernière une « mise à plat complète » de la gouvernance du président de la Fifa, alors que l’UEFA, qui avait brandi la menace d’un boycott des Coupes du monde pour avoir gain de cause, a dit avoir « perdu confiance » en Infantino.
Dans une lettre envoyée vendredi à la Fifa et consultée par l’AFP, l’UEFA « notifie officiellement qu’elle envisage activement d’engager une action en justice ». Infantino est pour l’instant le seul candidat déclaré à sa réélection à la tête de la Fifa, lors d’un scrutin qui se déroulera en mars 2027 à Rabat. L’Italo-Suisse de 56 ans a besoin d’une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans. Jusqu’ici, une poignée de fédérations (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède) lui ont officiellement retiré leur soutien.
Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a lui accusé mardi de « chantage » Infantino. « Pendant des mois, la Fifa a refusé de nous aider sur ces questions ou sur d’autres, jusqu’à ce qu’on me dise oralement, pendant la Coupe du monde, que si je soutenais Infantino, cela contribuerait grandement à aider notre fédération », a déclaré le dirigeant sur X.
« Infantino doit partir » a asséné ce mercredi l’ancienne légende du foot portugais Luis Figo, conseilleur auprès de l’UEFA, dans une tribune publiée par le Daily Mail où il qualifie le président sortant de « vestige du passé (qui) ne doit pas faire partie de l’avenir ». « J’ai rencontré quelques escrocs durant ma carrière mais ce que j’ai vu ces dix derniers jours, c’est le pire comportement, le plus sournois et le plus égoïste auquel j’aie assisté », a ajouté l’ancien milieu offensif, Ballon d’Or 2000.
Source:
www.rfi.fr






