L’exercice illégal de la médecine esthétique se propage via les réseaux sociaux, malgré l’exclusivité des médecins pour le botox et l’acide hyaluronique. Plus de 200 signalements de faux médecins ont été recensés par l’Ordre des médecins en un an.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
À seulement 30 ans, Sarah se sent prisonnière d’un corps bien plus âgé, douloureux, marqué après des injections qu’elle avait faites pour raffermir sa poitrine et ses hanches. « J’ai toute cette partie-là infectée qui est en train de nécroser. Toucher, c’est granuleux, ce n’est vraiment pas joli. Intimement, c’est un enfer », confie-t-elle.
Sarah a été victime d’une fausse infirmière. Elle pensait pourtant se rendre dans un véritable cabinet de médecine esthétique. « C’est une dame qui ouvre la porte, qui se présente en tant que secrétaire. Je passe dans une autre salle avec un vrai docteur qui se présente en tant que docteur, un masque chirurgical, une charlotte, des gants, une blouse bleue, une vraie table de consultation », décrit-elle. Mais il y a quelques mois, son sein gauche double de volume puis s’infecte rapidement. Elle commence à douter des substances qu’on lui a injectées. « Là, je vois le canapé rouge de sang. En fait, mon sang s’était ouvert, le t-shirt totalement rouge. Je me lève, le sang qui continue de couler, mélangé à une sorte de produit assez type gélifiant », rapporte Sarah.
Elle est prise en charge aux urgences, mais les chirurgiens lui annoncent que tout est loin d’être réglé. Les victimes de cette chirurgie clandestine sont de plus en plus nombreuses. Deux femmes en sont mortes en France ces derniers mois. En théorie, le botox et l’acide hyaluronique ne peuvent être injectés que par des médecins. Pourtant, sur les réseaux sociaux, certains s’improvisent chirurgiens. À chaque fois : ni nom, ni adresse de cabinet médical, mais en guise de vitrine promotionnelle, des photos avant, après injection. Un marketing coloré avec des tarifs défiant toute concurrence. Ici, une offre spéciale si le rendez-vous est pris dans la nuit. Sur cette publication, une pseudo-praticienne propose en ce moment jusqu’à 10 créneaux par jour.
En plein week-end, nous prenons rendez-vous avec une injectrice. Quand nous arrivons sur place cet après-midi. Nous réalisons qu’elle improvise un cabinet dans son appartement. Aucune vérification d’antécédents médicaux. Prête à injecter tout de suite. Elle assure que ses produits sont sans danger. Nous partons en prétextant avoir besoin de réfléchir. Une autre injectrice avec qui nous avons échangé explique exercer depuis 5 ans sans diplôme, comme de nombreuses autres femmes selon elle. « Aucune n’a de diplôme dans ce domaine parce qu’uniquement les médecins sont autorisés et légitimes à pratiquer, celles qui disent le contraire mentent. Tout ce qu’on a vu, c’est de la formation » avoue-t-elle. L’an dernier, l’Ordre des médecins a reçu plus de 200 signalements concernant des actes esthétiques réalisés par de faux médecins.
Source:
www.franceinfo.fr






