Pourtant, cette impressionnante progression a du plomb dans l’aile. Régulièrement, l’espérance de vie stoppe sa progression et régresse pour des raisons sanitaires ou sociales. Dans les années 1990, elle est passée en Russie de 63,9 à 57,7 ans, en quatre ans seulement. Une baisse attribuée à l’alcoolisme, à la hausse des suicides et à la crise économique, selon une étude du Journal of the American Medical Association (Jama).
Au même moment, en Afrique subsaharienne, l’épidémie de VIH fait perdre jusqu’à dix ans d’espérance de vie dans certains pays. Plus récemment, aux États-Unis, la longévité est passée de 76,4 à 76,1 ans, en raison de l’explosion de la consommation d’opioïdes et de la crise du Covid-19, rapporte encore une fois le Jama. En parallèle, après tant de progrès liés à l’avancement de la science et de la médecine, l’humanité semble avoir atteint un plafond de verre. Aujourd’hui, l’espérance de vie progresse beaucoup plus lentement qu’avant, voire se met à stagner dans certains pays.
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Après les progrès médicaux, le défi du vieillissement
« Une fois qu’un pourcentage suffisamment élevé des cohortes de naissance survit au-delà de 65 ans au sein des populations nationales, le processus biologique du vieillissement devient le principal facteur de risque de décès « , explique Jay Olshansky, professeur d’épidémiologie à l’école de santé publique de l’université de Chicago, qui, dans les années 1990, prédisait la baisse de l’espérance de vie aux États-Unis dès l’an 2000. « Autrement dit, le ralentissement de la progression de l’espérance de vie résulte des progrès de la médecine moderne et des modifications des modes de vie, qui permettent à un nombre suffisant de personnes d’être confrontées à la force désormais inéluctable du vieillissement. » Aujourd’hui, le consensus va dans le sens d’un ralentissement, voire d’une inversion de cette progression, tant les « gains faciles » du XXe siècle semblent être derrière nous.
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L’absence d’incapacité, critère du bon vieillissement
Dès lors, à côté de l’espérance de vie, une nouvelle notion s’est peu à peu imposée : celle de l’espérance de vie en bonne santé. « Il faut, bien sûr, se soucier des deux. Mais une fois que la plupart des gens bénéficieront d’une espérance de vie prolongée, l’attention devrait sans aucun doute se porter sur la durée de vie en bonne santé plutôt que sur la durée de vie tout court. » Vivre mieux, plutôt que vivre plus longtemps à tout prix, en somme.
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En France, l’espérance de vie est de 80 ans pour les hommes et de 85,6 ans pour les femmes, selon l’Insee. En comparaison, l’espérance de vie sans incapacité à la naissance est de 65,3 ans pour les femmes et de 63,8 ans pour les hommes. L’âge moyen d’espérance de vie sans incapacité sévère s’établit à 77,5 ans pour les femmes et à 73,5 ans pour les hommes.
Source:
www.sciencesetavenir.fr






