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Cultures africaines: les rendez-vous incontournables en mai 2026

À Paris, Bilbao, Genève, Nantes, Venise, Cannes, New York, Metz, Londres, Marseille, Marrakech, Mulhouse, Abidjan, Tanger, Antananarivo, Hambourg, Praia, Dakar…, en salles ou en plein air, voici 34 rendez-vous de la culture afro ou africaine à ne pas manquer en ce mois de mai. N’hésitez pas à nous envoyer vos prochains événements culturels « incontournables » à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr.

À partir du 5 mai, le Guggenheim Bilbao présente Soulevant la poussière : l’archive du corps de l’artiste sud-africain Igshaan Adams. Tissages, perles et cordes composent des cartographies suspendues, inspirées du tissu urbain du Cap et des trajectoires intimes de l’artiste. Cette pratique hybride, entre art textile, sculpture et performance, revisite des techniques artisanales pour évoquer spiritualité, mémoire, appartenance et héritages du régime de l’apartheid.

Du 6 au 10 mai, le cinéma l’Arlequin à Paris vibre au rythme de NollywoodWeek. Le festival défend « le meilleur du cinéma nigérian, africain et de la diaspora » et veut élargir l’audience de Nollywood. En ligne de mire : casser la barrière de la langue, sous-titrer, doubler, et faire dialoguer créateurs d’Afrique anglophone et francophone autour de récits populaires et d’esthétiques inventives.

Du 7 au 13 mai, le 45e Festival international Jean Rouch revient au musée du Quai Branly– Jacques-Chirac. Héritier des voyages filmés de Jean Rouch, Jane et Damouré Zika entre Niamey et Accra, le festival reste un laboratoire de cinéma ethnographique. En compétition internationale, le film sud-africain Where Two Oceans Meet de Lulu Scott illustre une génération qui interroge identités, frontières et croisements.

À partir du 7 mai, le Musée d’ethnographie de Genève (MEG) sonde notre rapport au temps avec l’exposition Le futur, c’est quoi ?. Robots, porte-bonheurs, cartes de tarot : autant d’objets pour dire l’obsession d’anticiper demain. Parmi les pièces phares, un « Oracle à souris » baoulé, pot divinatoire ivoirien de la fin du XIXe siècle, rappelle que la quête du futur passe aussi par les savoirs spirituels africains.

Du 8 mai au 8 novembre 2026, le Musée d’histoire de Nantes propose une nouvelle édition d’Expression(s) décoloniale(s). L’institution ouvre ses salles à des artistes et chercheurs qui revisitent l’histoire coloniale et esclavagiste française à partir de Nantes. Installations, vidéos et archives recomposées déplacent les points de vue, donnent voix aux descendants et invitent à penser réparations, transmissions et pédagogies.

Jusqu’au 9 mai, la Collection Pinault à Venise met à l’honneur Michael Armitage, né à Nairobi en 1984. Peintes sur lubugo, une écorce ougandaise, ses œuvres mêlent motifs kenyans, références à l’histoire de l’art européen et actualités politiques. Armitage construit des scènes troublantes, entre rêve et reportage, où se rejouent élections, fêtes nocturnes et figures mythologiques de l’Afrique de l’Est.

À partir du 9 mai, la Biennale de Venise résonne de présences africaines. La Franco-Marocaine Yto Barrada occupe le Pavillon français, tandis qu’Amina Agueznay représente le Maroc avec une démarche entre design, textile et sculpture. Pour la première fois, la Somalie dispose de son pavillon national.

Depuis 2006, le 10 mai marque en France la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cérémonies, performances, projections et débats se multiplient, souvent portés par des collectifs afro-descendants, historiens et artistes. L’enjeu : transformer la commémoration en espace de transmission, de pédagogie et de revendication, en articulant mémoire de la violence et luttes contemporaines.

« Nomade #12 » (2026), aquarelle sur papier. Œuvre dans l’exposition « Ouattara Watts à Abidjan 2026 », présentée jusqu’au 6 juin 2026 à la galerie Cécile Fakhoury à Abidjan. © Ouattara Watts/Galerie Cécile Fakhoury

Du 11 au 17 mai, Paris devient la capitale mondiale du spoken-word avec la 20e édition du Grand Poetry Slam. Présenté comme une « Coupe du monde de poésie », l’événement réunit des slameuses et slameurs de 20 pays, dont le Togo, le Maroc, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Mozambique… Performances en langue originale, surtitrées en français et en anglais, World Cup Poetry Slam et Slam National : une scène globale et plurielle.

Du 12 au 23 mai, le Festival de Cannes sera au cœur du cinéma mondial. Après une véritable percée d’une nouvelle génération de réalisateurs africains ces dernières années, pas de film africain en lice pour la Palme d’or 2026. En revanche, dans la prestigieuse section Un Certain Regard figurent Marie-Clémentine Dusabejambo (Rwanda) avec Ben’imana, Rafiki Fariala (République centrafricaine) avec Congo Boy et Laïla Marrakchi (Maroc/France) avec La Más Dulce. Et sur l’espace de l’Institut français, la Fabrique Cinéma donne rendez-vous du 13 au 20 mai pour sa sélection des projets 2026, dont Strong Wind de Lydia Matata (Kenya), Laissées-pour-compte de Kenza Tazi (Maroc) et Till The Morning Comes de Dika Ofoma (Nigéria).

Du 14 au 17 mai, 1-54 New York s’impose comme le rendez-vous nord-américain de l’art contemporain africain. Plus de 20 exposants, un focus sur le Brésil et de nouvelles galeries venues de Lagos, São Paulo, Nassau ou New York. 193 Gallery, Galerie Myrtis ou Kates-Ferri Projects côtoient Adegbola Gallery et Picture Theory Projects, cartographiant de nouvelles circulations afro-atlantiques.

À partir du 14 mai, le festival Passages Transfestival à Metz déploie une programmation tournée vers Alger, Tunis et d’autres scènes méditerranéennes. Théâtre, musique, performances et débats interrogent les circulations entre rives nord et sud. Artistes africains et moyen-orientaux y travaillent la notion de « passage » : migration, exil, traduction, mais aussi passage de relais entre générations créatives.

Du 14 au 17 mai, Photo London accueille de nombreux photographes du continent africain et de la diaspora. Séries documentaires, recherches plastiques et archives réactivées donnent à voir des villes en mutation, intimités queer, paysages menacés. Galeries et institutions spécialisées défendent des signatures confirmées et émergentes, confirmant Londres comme plateforme centrale pour la photographie africaine contemporaine.

Du 15 mai au 6 décembre 2026, le Musée d’art contemporain (mac) de Marseille présente AFRICA, projet de Louisa Babari. Entre vidéos, archives, textes et installations, l’artiste française d’origine russe et algérienne explore la manière dont le continent africain est imaginé, fantasmé et mis en récit depuis l’Europe. En croisant mémoires migratoires, histoires coloniales et paysages méditerranéens, l’exposition met en tension images officielles et récits intimes.

Du 15 mai au 16 juillet, le DaDa Marrakech accueille l’exposition collective des finalistes du Prix ellipse, dédiée cette année aux talents émergents marocains. Safae El Kadi, Mohamed Radi, Sarah Hasbi, Mohamed Ahnach, Sabrine Lahrach et El Hadi Fekrouni croisent installations, peinture ou vidéo. Une plateforme pour observer comment une nouvelle génération interroge ville, mémoire, corps et identité depuis le Maroc.

À partir du 15 mai, Marseille vit au rythme de la Saison Méditerranée, un temps fort qui articule expositions, concerts, projections et rencontres. Voix d’Afrique du Nord et du Proche-Orient s’y croisent dans une ville-port déjà marquée par les diasporas. Au programme : propositions qui interrogent écologie, hospitalité, frontières et héritages coloniaux, du Vieux-Port aux institutions muséales.

« Nomade #15 » (2026), aquarelle sur papier. Œuvre dans l’exposition « Ouattara Watts à Abidjan 2026 », présentée jusqu’au 6 juin 2026 à la galerie Cécile Fakhoury à Abidjan.

« Nomade #15 » (2026), aquarelle sur papier. Œuvre dans l’exposition « Ouattara Watts à Abidjan 2026 », présentée jusqu’au 6 juin 2026 à la galerie Cécile Fakhoury à Abidjan. © Ouattara Watts/Galerie Cécile Fakhoury

À partir du 16 mai, le curateur ivoirien Ange-Frédéric Koffi met en place la Biennale de la photographie de Mulhouse à La Filature, Scène nationale. Entre photographie, installation et texte, Koffi explore les notions de déplacement, de frontières et de rêves migratoires.

À Abidjan, la Galerie Cécile Fakhoury consacre une exposition personnelle à Ouattara Watts, centrée sur un ensemble rare d’œuvres sur papier réalisées en Côte d’Ivoire. Pour cet artiste qui mélange couleurs, musique et signes en abolissant temps et géographie, le papier devient un territoire d’expérimentation plus intime, agile et risqué. « Pour un artiste qui a toujours décliné le monde en couleurs, en musique et en signes, s’affranchissant des notions de temps et de lieux, le papier a toujours offert un espace de liberté particulier avec des propriétés uniques : une échelle moins imposante, plus agile, plus sensible, mais aussi plus exigeante et plus risquée. »

À partir du 18 mai, le musée d’Orsay présente De rêver encore, une exposition dédiée à Youssef Nabil, photographe-vidéaste franco-égyptien, né en 1972, qui a redonné vie au tirage argentique colorié à la main. Portraits de stars, autoportraits en exil, paysages désertés : ses images reprennent les codes du cinéma égyptien des années 1950 tout en méditant sur le départ, la nostalgie et l’identité. Une Égypte réinventée entre rêve et mélancolie.

À partir du 20 mai, la Fondation Henri Cartier-Bresson accueille Eboro du photographe ivoirien Nuits Balnéaires. Ses images, baignées de lumières artificielles et de couleurs saturées, réinventent les nuits d’Abidjan entre plages, quartiers populaires et fêtes improvisées. Le projet convoque mémoire intime, mythologies urbaines et présence de l’eau comme motif central, entre douceur, danger et désir d’ailleurs.

Du 19 au 22 mai, le siège de l’Unesco à Paris accueille la Semaine africaine, grand rendez-vous du groupe Afrique de l’organisation. Expositions, concerts, projections et tables rondes mettent en avant la diversité des cultures du continent. États membres, artistes et intellectuels y discutent patrimoine, langues, industries culturelles, éducation et circulation des œuvres, entre diplomatie culturelle et fête populaire.

À partir du 20 mai, la Cité de l’architecture et du patrimoine propose Patrimoine en résistance, de Tombouctou à Odessa. L’exposition raconte comment les villes et monuments deviennent des enjeux de guerre, mais aussi des symboles de résilience. De la sauvegarde des manuscrits de Tombouctou aux reconstructions contemporaines, elle interroge le rôle des communautés, des artistes et du droit international.

Le 20 mai, le Mucem inaugure Mossi Traoré : la mode aussi, consacrée au couturier d’origine malienne. Entre défilés, ateliers et installations, l’exposition met en avant une pratique qui relie haute couture, engagement social et transmission. Mossi travaille avec des jeunes en insertion, revisite les codes de l’élégance parisienne et rend hommage aux silhouettes et tissus d’Afrique de l’Ouest.

À partir du 21 mai, la Galerie Templon présente Saytu, nouvelle exposition d’Alioune Diagne. L’artiste sénégalais déploie ses compositions foisonnantes faites de motifs calligraphiés qui, vus de loin, se recomposent en scènes figuratives. Corps, foules, gestes politiques et quotidiens y cohabitent. Saytu – « regarder, examiner » en wolof – invite à scruter les images, leurs couches d’histoire et de mémoire.

“Nomade #17” (2026), aquarelle sur papier. Œuvre dans l’exposition « Ouattara Watts à Abidjan 2026 », présentée jusqu’au 6 juin 2026 à la galerie Cécile Fakhoury à Abidjan.

“Nomade #17” (2026), aquarelle sur papier. Œuvre dans l’exposition « Ouattara Watts à Abidjan 2026 », présentée jusqu’au 6 juin 2026 à la galerie Cécile Fakhoury à Abidjan. © Ouattara Watts/Galerie Cécile Fakhoury

Du 22 au 30 mai, le Festival de Cinéma Africain de Tarifa Tanger (FCAT) s’installe de nouveau entre les deux rives du détroit de Gibraltar. Films de réalisatrices africaines, hommages et rencontres articulent le thème « Rives partagées », consacré aux îles du continent. Des archipels de l’océan Indien au Cap-Vert, le festival explore comment les cinéastes filment frontières, exils et circulations entre Afrique et Europe.

À Paris, la galerie Chantal Crousel présente jusqu’au 28 mai une exposition de Lydia Ourahmane, artiste algérienne dont le travail brouille les frontières entre intime et géopolitique. 1 752 Photos rassemble projets au long cours, objets déplacés, archives et enregistrements composant des récits qui traversent Méditerranée, migrations et surveillance. Une œuvre conceptuelle qui interroge la circulation des corps, des biens et des histoires depuis l’Algérie.

Le 30 mai, l’association FAPE (Français À Part Entière) organise le MaiMory Tour 2026, un parcours urbain dédié aux mémoires afro-descendantes. À travers rues, monuments et lieux parfois invisibilisés, ce circuit propose une autre lecture de Paris, marquée par la traite, les luttes anticoloniales, les présences noires et métisses. Une visite guidée qui fait dialoguer histoire, patrimoine et récits contemporains.

Le Mucem lance un appel à projets pour une résidence curatoriale dédiée aux scènes artistiques africaines lusophones, avec dépôt des dossiers jusqu’au 31 mai 2026. Chercheuses et chercheurs sont invités à explorer les créativités issues d’Angola, du Mozambique, du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau ou de São Tomé et Príncipe. Une initiative appelée à nourrir expositions et programmes futurs.

À Paris, la galerie Anne de Villepoix met en lumière l’univers singulier d’Atsoupé. Entre figuration libre, motifs oniriques et palettes intenses, l’artiste tisse des scènes peuplées de personnages hybrides, masques et signes graphiques. Ses toiles, nourries d’imaginaires africains et urbains, interrogent identité, spiritualité et quotidien. Une plongée dans une peinture qui oscille entre conte et introspection.

La Fondation H à Antananarivo, à Madagascar, consacre actuellement une exposition à M’barek Bouhchichi, Les mains des poètes. L’artiste marocain y célèbre les savoir-faire manuels et l’artisanat traditionnel de Madagascar. Réalisées avec des artisans malgaches et marocains rencontrés à Antananarivo, Antsirabe et Imi n’Tatelt, ses œuvres tissent un dialogue entre gestes, matières, poétique sociale et mémoire des métiers.

Au Hamburger Bahnhof à Berlin, Saâdane Afif poursuit son exploration des liens entre art conceptuel, musique et langage. Cinq préludes réunit installations, objets et partitions rejouant l’économie des signes, des titres et des légendes. L’artiste franco-marocain détourne les codes de l’exposition, convoque voix et performances, et interroge la circulation des œuvres et des récits entre Afrique, Europe et scènes globales.

Praia, la capitale du Cap-Vert, est désignée Capitale africaine de la culture 2028. Si l’échéance est lointaine, la dynamique commence dès maintenant : résidences, partenariats et projets en gestation dessinent une plateforme panafricaine ancrée dans l’Atlantique. L’île, carrefour historique de circulations, se prépare à accueillir artistes, chercheurs et publics autour de la créolité et des cultures afro-diasporiques.

Six ans après l’exposition inaugurale Ubeku, Selebe Yoon à Dakar consacre une nouvelle exposition personnelle à Alioune Diouf intitulée Ak Jàmm (« En paix »). L’artiste sénégalais explore gestes, textures et figures qui disent l’apaisement, la spiritualité et la communauté.

Également à Dakar, Oh Gallery accueille Corps à battre, exposition de Lune Diagne. Corps fragmentés, silhouettes percussives, collages et pigments suggèrent l’impact des violences politiques, sociales et de genre. L’artiste mobilise rythmes visuels et gestes picturaux comme autant de tambours silencieux, faisant du corps un champ de bataille mais aussi un espace de résistance, de réappropriation et de désir.


Source:

www.rfi.fr

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