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Pourquoi le Tarot de Wirth fascine-t-il encore ?

Le tarot de Wirth, une école de sagesse.

Né en Suisse en 1860, Oswald Wirth est encore très jeune quand il commence à susciter de profonds remous dans la Franc-Maçonnerie du XIXe siècle en y dénonçant un esprit selon lui trop proche du profane et qu’il pense incompatible avec ce qui devrait caractériser l’esprit maçonnique.

Plus tard, en 1928, dans les pages de la revue Le Symbolisme qu’il a créée quelques années auparavant, il revient à la charge en publiant son article, source d’une polémique encore vivace aujourd’hui : « La Querelle du Grand Architecte ».

Il y développe ses convictions selon lesquelles l’aspiration à la sagesse ne doit être ni motivée ni encore moins encadrée par des contingences religieuses, quelles qu’elles soient ; le lien avec le sacré ne peut se construire qu’à travers une réflexion, une volonté et un travail personnels libérés de toute entrave idéologique, car la Franc-Maçonnerie est l’héritage du sens sacré des bâtisseurs depuis la nuit des temps et donc antérieure à toute théologie.

« Ne pensons pas en prose comme nous l’enseignent les religions » dit Wirth en substance, « mais revenons à la sagesse des anciens à travers le langage des symboles ».

Ce langage des symboles, véhiculé par le truchement du tarot, lui inspirera deux ouvrages majeurs, Le Livre de Thot et Le Tarot des Imagiers du Moyen-Âge.

Quand Wirth devient secrétaire de Stanislas de Guaïta, fondateur de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, c’est sur son instigation qu’il va dessiner et recréer un tarot sur la base de deux tarots très anciens. Il y travaille longtemps et c’est en 1926, il y a juste cent ans, qu’il en publie le dessin définitif.

Un Tarot bien particulier

Wirth a mis dans ce tarot son immense connaissance occulte faisant de ces 22 images le reflet de ce que l’on a appelé La Tradition, autrement dit la somme des traditions de sagesse et de spiritualité de nombre de civilisations qui nous ont précédés au fil, non seulement des siècles, mais des millénaires.

Même infime, chacun des détails de chacune des images va être une source d’information, comme une parole silencieuse, qui s’ajoute à une autre, puis une autre encore, pour composer un grand récit qui va parler de nous, de notre façon d’appréhender le monde.

Ces « détails » symboliques, ce sont les couleurs, les formes, la position des personnages et de ce ou ceux qui les entourent, leurs gestes, leurs regards.

Ce sont les nombres qui se combinent et s’additionnent pour se charger d’informations et nous renvoyer à la pensée de Pythagore qui les percevait comme sacrés.

Ce sont les références maçonniques bien sûr, où l’Empereur va tailler sa pierre, le Pendu lâcher ses pièces d’or et d’argent, en d’autres termes « laisser les métaux à la porte », quitter la superficie profane des choses pour en vivre la profondeur.

La pensée alchimique est partout présente elle aussi puisque le cheminement des 22 arcanes majeurs est celui, clairement, du Grand Œuvre alchimique. Mais une alchimie intérieure. Le premier arcane, le Bateleur, nous en présente ses outils de base : les quatre éléments symbolisés par les objets qu’il détient. En outre, si le personnage est chaussé de noir c’est pour nous signifier le début le Grand Œuvre : l’œuvre au Noir.

Puis, c’est dans l’univers des archétypes que ces images nous font pénétrer. Ces archétypes que C.G. Jung nommait joliment « Les organes de l’âme » sont d’une certaine façon les véhicules capables de faire passer l’information du Tarot de l’invisible au visible, de l’inconscient au conscient. Archétypes du père, de la mère, du Sage, croix du Bateleur – celle de son projet de réalisation d’union en lui du ciel et de la terre… pour n’en citer que quelques-uns.

Des lettres hébraïques aux récits de vie.

Wirth a souhaité mettre en correspondance chaque arcane de son tarot avec une lettre hébraïque. Cette particularité en enrichit les significations de manière pratiquement exponentielle.

Ces lettres hébraïques, on peut les retrouver, mises en scène dans le Sepher Yezirah [NdA : Un des livres principaux de la Kabbale] où « Le Saint, Béni Soit-Il » organise le monde en accordant à chacune une place et un rôle particulier.

Grâce à cette possibilité d’action qui lui est propre, chaque lettre génère un mini récit, synthèse subtile du propos de l’arcane. Se dessine alors une passerelle concrète vers l’univers du conte et du mythe, un récit psychologique de notre vécu que met à jour cette simple image « muette ».

In fine, c’est par le biais de ce récit généré par le symbole que chaque arcane propose un travail à faire, quelque chose à accepter de voir et dépasser. Nous sommes loin ici de la divination nous assenant des « vérités » incontournables. Bien au contraire, si l’arcane — les arcanes — qui se présente nous délivre un message, nous restons libres de l’entendre. Ou pas.

Chacun progresse suivant sa conscience et à son rythme sur le chemin de sagesse que nous propose ce tarot.

Un extrait du livre de Régine Brzesc-Colonges est proposé en fin d’article, ainsi que deux autres ouvrages pour approfondir le sujet.

Par Auteurs PiktosContact : f.lamotte@piktos.fr


Source:

actualitte.com

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