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Les grands patrons jugent leur gouvernement trop faible face à Trump: le "Medef britannique" réclame à Keir Starmer que Londres se dote d'un "bazooka commercial" comme l'UE

Les entreprises du Royaume-Uni demandent au gouvernement de Keir Starmer de renforcer d’urgence ses outils de défense commerciale, face aux pressions croissantes des États-Unis -notamment sous la menace de Donald Trump- et à un environnement économique mondial de plus en plus instable.

Les chefs d’entreprise britanniques ont appelé le gouvernement à se doter d’un « bazooka commercial » comparable à celui de l’Union européenne afin de défendre les intérêts économiques du Royaume-Uni, indique le Guardian. Cette demande intervient dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis, notamment après les nouvelles menaces tarifaires formulées par Donald Trump. Les milieux économiques jugent nécessaire de renforcer les outils de riposte face à des pressions commerciales de plus en plus directes.

Face à cette situation, les Chambres de commerce britanniques (BCC) -une sorte d’équivalent britannique du Medef- ont mis en garde contre une « insuffisance de la sécurité économique » qui pourrait fragiliser la croissance et l’emploi. Représentant des milliers d’entreprises, elles estiment que le pays n’est pas suffisamment armé pour faire face aux chocs extérieurs et aux politiques commerciales agressives d’autres puissances.

Dans ce contexte, la BCC exhorte le Premier ministre Keir Starmer à agir rapidement. Selon l’organisation, les gouvernements successifs ont fait preuve de négligence en matière de sécurité économique, laissant le Royaume-Uni vulnérable. Elle appelle ainsi à une prise d’initiative forte pour protéger l’économie nationale face aux crises internationales.

Les entreprises britanniques évoluent aujourd’hui dans un environnement particulièrement instable. Les tensions géopolitiques, les conséquences du Brexit, la pandémie de Covid-19 ainsi que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ont profondément perturbé le commerce international. Cette accumulation de facteurs rend les échanges plus incertains et accroît les risques pour les entreprises.

La menace la plus immédiate provient des États-Unis, où Donald Trump a évoqué l’imposition de droits de douane importants si le Royaume-Uni ne renonce pas à sa taxe sur les services numériques visant les géants technologiques américains. Une telle mesure pourrait déclencher une escalade commerciale aux conséquences potentiellement lourdes pour les deux économies.

C’est quoi le « bazooka commercial » de l’UE?

Pour répondre à ces défis, la BCC recommande la création d’un « bazooka commercial » inspiré de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne. Cet outil permettrait au Royaume-Uni d’imposer des restrictions commerciales, de limiter l’accès aux marchés publics ou financiers, et de contrôler davantage les investissements étrangers en cas de pressions économiques. L’objectif est de dissuader toute tentative d’intimidation économique.

L’instrument anti-coercition de l’Union européenne est un outil destiné à protéger les États membres contre les pressions économiques exercées par des pays tiers, lorsque ceux-ci cherchent à influencer leurs décisions politiques. L’instrument s’inscrit ainsi avant tout dans une logique de dissuasion, visant à inciter les partenaires commerciaux à résoudre les différends par le dialogue plutôt que par la contrainte.

Si l’outil est activé, l’UE dispose d’un large éventail de mesures de rétorsion pouvant aller de l’imposition de droits de douane à des restrictions plus sévères, comme la limitation de l’accès au marché unique, le contrôle des investissements étrangers ou l’exclusion d’entreprises de marchés publics européens. Adopté en 2023 dans un contexte de tensions commerciales croissantes — notamment face à la Chine ou à la Russie — cet instrument reflète la volonté de l’UE de mieux défendre sa souveraineté économique. Toutefois, son utilisation reste délicate : il nécessite un consensus politique entre les États membres et comporte un risque d’escalade commerciale, ce qui explique qu’il n’ait, à ce jour, encore jamais été activé.

Enfin, la BCC propose d’autres mesures complémentaires, comme une participation accrue aux chaînes d’approvisionnement européennes via le programme « Fabriqué en Europe » et la création d’un comité ministériel dédié à la sécurité économique.


Source:

www.bfmtv.com

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