Formé à la littérature anglaise au Balliol College d’Oxford, où il obtient son diplôme avant de poursuivre des recherches consacrées aux littératures française et anglaise du XIXe siècle, Ian Watson commence sa vie professionnelle loin des cercles littéraires. Il occupe un temps un poste de comptable dans une compagnie maritime de Newcastle, une expérience qu’il juge peu satisfaisante.
Il se tourne ensuite vers l’enseignement, d’abord en Tanzanie puis à Tokyo, avant de rejoindre la Birmingham Polytechnic, où il enseigne les études prospectives. C’est à cette période qu’il amorce véritablement sa carrière d’écrivain, qu’il choisit d’embrasser pleinement en quittant l’enseignement.
L’Enchâssement, œuvre fondatrice et primée
Son premier roman, The Embedding, s’appuie sur les théories de la grammaire générative pour construire un récit où le langage devient moteur de transformation du réel. Traduit en français sous le titre L’Enchâssement, l’ouvrage paraît chez Calmann-Lévy dans la collection « Dimensions SF » dans une traduction de Didier Pemerle. Le roman reçoit le prix Apollo et sera plus tard réédité par les éditions Le Bélial’ dans une version révisée par le même traducteur.
Au fil des années, Ian Watson publie plus de deux douzaines de romans et de nombreux recueils de nouvelles, explorant des thématiques variées, de la religion aux sciences cognitives, en passant par les voyages interstellaires et les constructions sociales imaginaires. Parmi ses œuvres majeures figure The Jonah Kit, qui lui vaut le prix British Science Fiction du meilleur roman. Ce texte est publié en français sous le titre Le Modèle Jonas, chez Calmann-Lévy, traduit par Mimi Perrin (de son vrai nom Jeannine Quintard), toujours dans la collection « Dimensions SF ».
Ian Watson s’illustre également par des œuvres plus atypiques, à l’image de Chekhov’s Journey, roman mêlant littérature et imaginaire, traduit par Jean Bonnefoy sous le titre Le Voyage de Tchekhov et publié chez Denoël dans la collection « Présence du futur ».
Des nouvelles à Warhammer
Parallèlement à ses romans, il publie plusieurs recueils de nouvelles qui contribuent à asseoir sa réputation, publiés entre autres chez Jean-Claude Lattès et Denoël. Certaines de ses nouvelles paraissent également dans des revues françaises comme Fiction ou Univers.
Ian Watson participe aussi à des projets collectifs et à des collaborations. Il coécrit notamment Under Heaven’s Bridge avec Michael Bishop, une expérience pionnière de roman transatlantique conçu par échanges postaux. Il travaille également avec l’écrivain italien Roberto Quaglia sur The Beloved of My Beloved, et s’associe à Andy West pour la série The Waters of Destiny. Son imagination le conduit aussi vers d’autres médiums, puisqu’il est crédité pour l’histoire du film A.I. Artificial Intelligence.
Son œuvre s’étend par ailleurs à des univers populaires, notamment celui de Warhammer 40,000, pour lequel il écrit plusieurs romans, dont Space Marine ainsi que la trilogie de l’Inquisition composée de Inquisitor, Harlequin et Chaos Child.
En français, il est également connu pour la série du Livre de Mana (trad. Hélène Devaux-Minié), traduite et publiée chez J’ai lu. Ces romans participent à faire découvrir une autre facette de son écriture, plus proche de la fantasy. Tout au long de sa carrière, Ian Watson n’a cessé d’explorer les frontières du langage, de la pensée et de l’imaginaire.
Crédits photo : Ian Watson à la World Science Fiction Convention, Helsinki, 2017 (Markku Lappalainen, CC BY 4.0)
Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com
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