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Que se passe-t-il en hiver, lorsque les feuilles des arbres ne sont plus là pour fabriquer l’oxygène que l’on respire ? OnVousRépond Climat


Publié le 26/04/2026 12:05

Temps de lecture : 3min – vidéo : 1min

Du printemps jusqu’au début de l’automne, les plantes vertes fabriquent notre oxygène. Mais ce processus s’arrête à la mauvaise saison… Que se passe-t-il alors dans les forêts et quelles sont les conséquences pour l’atmosphère ?

C’est tout simplement l’un des phénomènes naturels qui rendent possible la vie sur terre ! Grâce à la photosynthèse, les feuilles des plantes vertes absorbent le gaz carbonique de l’air, empêchant ainsi que sa concentration n’augmente trop. Elles stockent ce carbone sous forme de tissus végétaux, puis rejettent de l’oxygène, permettant aux animaux dont nous sommes de respirer. Un processus complexe, apparu sur notre planète il y a trois milliards et demi d’années, et qui se produit aussi dans les océans, les algues et le phytoplancton participant également à la fabrication de cet air respirable.

C’est justement cette photosynthèse que les activités humaines sont venues déséquilibrer, depuis la révolution industrielle au XIXe siècle : en brûlant du charbon, puis du pétrole et du gaz, nous relâchons davantage de CO2 que ce que les arbres peuvent absorber… ce qui provoque le réchauffement climatique, puisque le CO2 est un gaz à effet de serre, c’est-à-dire qu’il a la particularité de retenir la chaleur dans l’air.

Et ce déséquilibre est accentué par la surpopulation : du fait de la hausse vertigineuse de la population humaine, passée d’un milliard sous le règne de Napoléon à plus de huit aujourd’hui, nous arrachons des forêts pour les transformer en champs de blé, de maïs ou de soja, voire en pâtures pour le bétail. Des formations végétales certes, mais qui produisent bien moins d’oxygène que les arbres.

Tout ce que les plantes ont absorbé pendant la belle saison, ça fait des tiges, des racines…

Marc-André Selosse, microbiologiste

Mais que se passe-t-il en hiver, lorsque la photosynthèse s’arrête, parce qu’il n’y a plus assez de soleil et que les feuilles tombent ? Le microbiologiste Marc-André Selosse, professeur au Muséum d’histoire naturelle, nous répond : « Il faut bien comprendre que tout ce que les plantes ont absorbé pendant la belle saison, ça reste là : ça fait des tiges d’arbres, ça fait des racines qui sont encore vivantes, ou alors ça fait des racines mortes ou des feuilles mortes, mais tout ça, ce carbone, est toujours là. » Autrement dit, le CO2 retiré de l’air au printemps et en été est stocké, et ne revient pas vers l’atmosphère.

En tout cas… pas immédiatement. Comme l’explique le scientifique : « ce carbone mort, il est lentement respiré : il y a des petits vers, des bactéries, des champignons qui le mangent, et qui respirent, comme vous et moi », ce qui veut dire qu’ils rejettent du CO2. « Donc c’est vrai que la concentration en CO2 va augmenter pendant l’hiver, on l’observe ».

Mais heureusement, lorsque c’est l’hiver chez nous, l’hémisphère sud est au contraire en plein été ! Sans compter les régions équatoriales où les plantes poussent toute l’année : avec le brassage de l’atmosphère, la concentration en gaz carbonique finit donc par s’égaliser.

« Ce qu’il faut absolument », poursuit Marc-André Selosse, « c’est essayer de viser qu’un maximum de matière reste » après la belle saison. « C’est pour ça qu’on aime bien les forêts », car les arbres, avec leur tronc volumineux, stockent de grandes quantités de carbone, qui reste en place toute l’année. Également, « les sols où on a amené beaucoup d’engrais sous forme de fumier » permettent de bloquer ce carbone dans la terre pour longtemps, sans qu’il retourne immédiatement à l’atmosphère.

Quant aux feuilles mortes des arbres de votre jardin, vous pouvez en faire du paillage pour protéger vos cultures du froid hivernal ou bien, pour les feuilles qui s’y prêtent, du compost (en évitant le chêne, le hêtre ou le platane, trop coriaces).

Ce qu’on veut, c’est en moyenne stocker plus qu’on ne déstocke.

Marc-André Selosse, microbiologiste

Bref, lorsque la photosynthèse s’arrête au début de l’automne en France, nous pouvons continuer à respirer grâce à tous ces phénomènes : plantes qui continuent de croître dans d’autres régions du monde, action des algues et du phytoplancton de l’océan, et stockage du carbone par les forêts. Ce qu’il faut, c’est « en moyenne stocker plus qu’on ne déstocke ».

L’idéal serait même que l’on plante des millions d’hectares d’arbres supplémentaires, pour absorber l’excès de CO2 issu de l’industrie et des transports. Et de ne pas prendre pour prétexte les quelques programmes de reforestation existants pour polluer encore plus…

Pour poser vous aussi votre question, c’est ici


Source:

www.franceinfo.fr

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