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REPORTAGE. Quarante ans après la catastrophe, la réserve de Tchernobyl est devenue un espace "de reproduction et de refuge" pour les animaux

Des scientifiques ukrainiens ont créé il y a dix ans une réserve pour étudier le retour de la faune et de la flore dans un environnement contaminé. L’occupation de la centrale par l’armée russe a compliqué leur travail.


Publié le 26/04/2026 15:18

Temps de lecture : 2min

Une allée du jardin botanique de Kiev, dans la grande serre tropicale. (LUCAS LAZO / RADIO FRANCE)

À Tchernobyl, quarante ans après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire, la nature a repris ses droits. Avec le départ brutal des habitants, consécutif à la catastrophe nucléaire, une biodiversité riche et singulière s’est développée dans la zone d’exclusion. Il y a dix ans, des scientifiques ukrainiens — biologistes, botanistes, zoologues — y ont créé une réserve pour étudier la renaissance du vivant dans un environnement contaminé.

« Cette serre subtropicale a été construite en 1839 », indique Vitaly Kolomychuk, botaniste et spécialiste de la flore de la réserve de Tchernobyl, sous les grandes arcades en fer forgé des serres du jardin botanique de Kiev. D’un côté, un laurier, de l’autre, un immense palmier : le chercheur partage son temps entre les allées du jardin botanique et les forêts de la réserve écologique de Tchernobyl.

« La zone de Tchernobyl est un territoire unique. La nature y a véritablement repris ses droits, parce qu’en son cœur se trouvaient autrefois les villes de Pripiat et de Tchernobyl, qui formaient une agglomération dont les 70 000 habitants ont été évacués, poursuit Vitaly Kolomychuk. Autour, s’étendaient de très vastes terres agricoles. Aujourd’hui, elles se sont transformées en friches, et certaines de ces friches sont devenues des forêts. »

« On y observe une forme de succession végétale, de régénération naturelle ! »

Vitaly Kolomychuk, spécialiste de la flore de la réserve de Tchernobyl

à franceinfo

Il s’agit d’un sanctuaire pour la faune, où le retour de nombreuses espèces animales est désormais documenté grâce à tout un réseau de caméras installées dans la réserve. « On y trouve de vastes zones humides, qui abritent une grande diversité d’oiseaux, indique le botaniste. Ce sont aussi des espaces essentiels pour la reproduction et des refuges pour les poissons. Il y a également de grandes populations d’ongulés — cerfs, chevreuils, sangliers — ainsi que de nombreux prédateurs : le lynx, le loup, le renard, l’ours ».

Les niveaux de radiation restent les plus élevés au cœur de la zone, là où sont stockés les déchets radioactifs. Mais aujourd’hui, c’est surtout la guerre qui menace cet écosystème. Et l’occupation temporaire de la centrale par l’armée russe, en 2022, complique encore le travail de Vitaly et ses collègues : « Nous ne pouvons plus accéder à certains secteurs pour suivre l’état des forêts anciennes, notamment à cause des restrictions à la frontière biélorusse, des opérations militaires et de la pollution liée aux mines antipersonnel dans certaines zones. »

De retour à son bureau sur lequel grésille une vieille radio soviétique, Vitaly nous confie, l’air grave, l’immense privilège qu’il a : observer la recomposition d’un territoire marqué à jamais par l’une des plus grandes tragédies de l’histoire contemporaine ukrainienne.


Source:

www.franceinfo.fr

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