Il y a des images qui font mal. Elles frappent en plein cœur. Parce qu’elles confirment ce que tout le monde craignait. Dans le Golfe persique, des nappes sombres et épaisses s’étirent sur une eau qui devrait être claire. Oui, ces images font mal. Mais il faut les regarder en face.
Le 6 avril dernier, une marée noire au large des côtes du Koweït était visible depuis l’espace. © Copernicus Sentinel-2, ESA
Une catastrophe vue depuis l’espace
Parmi le flot d’images qui nous parviennent, celle-ci s’impose.

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Capturée le 10 avril par le satellite Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne, elle révèle une catastrophe écologique qui se joue en silence. Après des frappes aériennes — tant iraniennes qu’israélo-américaines — sur des installations pétrolières et des navires, des hydrocarbures se déversent dans les eaux du Golfe, dessinant comme un serpent noir qui menace l’île de Shidvar.

Une autre image, prise le 2 avril 2026, montre déjà du pétrole qui se répandent dans le Golfe persique. © Copernicus Sentinel-2, ESA
L’urgence environnementale est « majeure ». L’île corallienne est une réserve naturelle protégée. Elle abrite des colonies d’oiseaux marins et accueille la ponte de tortues imbriquées (Eretmochelys imbricata).
Gardons en tête que les marées noires peuvent provoquer des empoisonnements et, de manière plus insidieuse, détruire l’imperméabilité des plumages ou l’isolation thermique des fourrures.

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Et le conflit, toujours en cours, empêche malheureusement de mettre en œuvre des opérations de nettoyage qui pourraient nous préserver du pire.

Le 10 avril, du pétrole dérivait au large de l’île iranienne de Lavan — à gauche de l’image —, en direction de l’île protégée de Shidvar — à droite. © Copernicus Sentinel-2, ESA
L’environnement… et les hommes
Mais l’impact ne s’arrête pas là. Les marées noires qui s’étendent actuellement dans le Golfe persique menacent aussi les systèmes de filtration des usines de dessalement. Celles-là mêmes qui fournissent de l’eau potable à près de 100 millions de personnes.
Difficile, à ce stade, d’estimer les volumes en jeu. Mais des dizaines de pétroliers attendent toujours de pouvoir franchir le détroit d’Ormuz. Dans leurs cales : au moins 20 milliards de litres de pétrole…
Source:
www.futura-sciences.com





