Une mission hispano-égyptienne menée par l’Université de Barcelone et l’Institut du Proche-Orient ancien a fouillé le site antique d’Oxyrhynchus, aujourd’hui El-Bahnasa, dans le gouvernorat de Minya. Les chercheurs y ont mis au jour une nécropole datée de l’époque romaine, à proximité d’une tombe ptolémaïque déjà connue, baptisée Tombe 67.
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Les fouilles ont révélé trois chambres funéraires en calcaire, très endommagées par le temps et d’anciens pillages. À l’intérieur, les archéologues ont découvert de grands vases en céramique contenant des restes humains incinérés, une pratique rare en Égypte ancienne. D’autres dépôts renfermaient des ossements de nourrissons ainsi que des crânes de félins, soigneusement enveloppés dans des tissus.
Ces découvertes suggèrent des rites mêlant traditions locales et influences nouvelles, à une période charnière entre héritage ptolémaïque et domination romaine. Plusieurs figurines en terre cuite et en bronze ont également été retrouvées, dont des représentations du dieu Harpocrate à cheval et une statuette de Cupidon, témoignant d’un environnement religieux marqué par le brassage culturel.
Des langues d’or pour parler dans l’au-delà
Dans une autre structure funéraire, la tombe 65, un hypogée souterrain, les chercheurs ont exhumé plusieurs momies de l’époque romaine. Certaines reposaient dans des cercueils en bois peint et étaient enveloppées de linceuls décorés de motifs géométriques.

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Parmi les objets les plus remarquables figuraient trois langues d’or et une langue de cuivre placées dans la bouche des défunts. Ces amulettes devaient permettre aux morts de parler lors de leur jugement devant Osiris, dieu égyptien de l’au-delà.

Ces langues d’or placées dans la bouche des défunts devaient leur permettre de parler devant Osiris dans l’au-delà. © Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités via Facebook
La présence de feuilles d’or sur certaines momies et la richesse du mobilier funéraire laissent penser que ces sépultures appartenaient à des membres aisés de la société locale.
Un fragment de l’Iliade glissé dans une momie
Mais la découverte la plus étonnante se trouvait à l’intérieur de l’une des momies : un fragment de papyrus portant un passage du Livre II de l’Iliade. Il s’agit du célèbre « Catalogue des navires », dans lequel Homère énumère les forces grecques parties assiéger Troie.
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La présence d’un texte littéraire grec classique dans une sépulture égyptienne constitue un cas exceptionnel. Les chercheurs s’interrogent sur sa signification : marque d’éducation, symbole de prestige, affirmation identitaire ou usage rituel lié à la mort ?

Cette momie romaine découverte à Oxyrhynchus renfermait un fragment de papyrus de l’Iliade d’Homère, une trouvaille rarissime en contexte funéraire. © Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités via Facebook
Oxyrhynchus est déjà célèbre pour les milliers de papyrus retrouvés sur son territoire depuis la fin du XIXe siècle, mais la plupart provenaient d’anciens dépotoirs. Ici, le manuscrit a été déposé volontairement dans un contexte funéraire, ce qui lui confère une portée toute particulière.
Les analyses en cours pourraient éclairer la diffusion de la culture grecque en Égypte romaine, ainsi que la manière dont les élites locales mêlaient littérature hellénique, traditions égyptiennes et croyances sur l’au-delà.
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www.futura-sciences.com





