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AccueilCultureLivres & LittératureSur toute la ligne : immersion dans l’univers éditorial d’Ardavena

Sur toute la ligne : immersion dans l’univers éditorial d’Ardavena

« N’envoyez pas vos manuscrits à n’importe qui, bande de néophytes ! Veillez à respecter la ligne éditoriale de la maison d’édition à qui vous adressez votre manuscrit ! »

Voilà le néophyte bien embêté : Ardavena, c’est quand même, voyons voir… les Cahiers d’Or, et puis La Belle Aventure, Les Vilaines Pages, Solasta, Flora, Cartel et Civica ? Sept collections, en somme ? Des classiques, ah. Quels classiques ? Des contemporains… on peut voir, sur la page auteur, la tête des contemporains, mais ça n’aide pas beaucoup.

Et puis ce nom, Ardavena ? Ce n’est pas bien éclairant, si ? Eh si : Ardavena, mage inquiétant (n’est-ce pas que ça rappelle l’état d’esprit dans lequel on cherche un éditeur), a le pouvoir de faire voir ce que font les gens, loin, ailleurs. Et de transporter dans d’autres mondes… Belle aventure…

Chez Ardavena, côté fiction, nous aimons plus que tout qu’un auteur suscite un monde. Un monde passé, un monde futur, notre monde présent : qu’importe, tant que la mimèsis cède le pas à la puissance créatrice.

Le monde Du Chagrin est la Russie révolutionnaire — mais la boulaie qu’on y arpente est une forêt de songe, Longwy, arpenteur de Mourette, a beau mesurer les chemins : Mourette avance dans un pays de conte, entre des massifs très vivants de fleurs jamais vues ailleurs, jusqu’à la tête coupée qui la regarde — et brandit un couteau qu’on voit, comme on voit la tête d’Attis, comme on sent le vent qui frémit, comme on entend la cloche et le pas lourd sur le parquet — l’odeur d’encaustique, même, comment l’ignorer, tandis que Murette cause à l’oiseau nocturne ?

Il ne s’agit pas de fantasy — du tout ; il ne s’agit pas non plus de ce réalisme bienveillant, didactique, sentimental, qui domine aujourd’hui. Il ne s’agit pas de « se dire » — quel ennui ! On toucherait plutôt au réalisme fantastique des romans sud-américains, mais adapté à nos contrées tranquilles, taillé dans l’étoffe passée de nos siècles plus que dans un coupon de coton bien vif.

Il s’agit de cette main énorme surgissant dans Goétie (Anna Jouy) entre les fraises du sous-bois ; de l’homme-silure de Tugny, mais de l’ombre, aussi, des immenses angéliques vénéneuses dont la proximité font de l’héroïne de l’Animale une débauchée (Rachilde.) 

Il s’agit, encore, de toutes les façons de faire voir : puissance de l’évocation, heureux décalage de l’humeur, heureuse liberté du ton.

Il s’agit, enfin, d’avoir le pouvoir et le courage d’être soi, et de faire que le livre soit soi (si si, soa-soa !)— un livre qui vit par lui-même : nourri par d’autres, irrigué par d’autres, mais comme l’enfant l’est par ses ancêtres.

Chez Ardavena, côté fiction, on aime de tout, mais pas du tout tout. Vous n’êtes pas sûr ? La seule façon de savoir, vraiment, ce que publie un éditeur, c’est de piocher dans son catalogue !

 

 

 

 

 

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Par Auteur invitéContact : contact@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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