Aux Comores, huit stations-service privées dénoncent dans un communiqué des dysfonctionnements majeurs dans la distribution du carburant et annoncent la suspension temporaire de leurs commandes auprès de la Société comorienne des hydrocarbures (SCH), seule importatrice du pays. En vigueur depuis samedi 18 avril, la mesure dénonce des livraisons irrégulières, des conditions imposées lors du transport et un manque de contrôle logistique. Les signataires accusent aussi la SCH de favoriser sa propre station-service, captant une partie de la clientèle, et dénoncent une rupture d’égalité susceptible de fausser la concurrence.
Publié le : 19/04/2026 – 05:06
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Avec notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba
En milieu de journée, plusieurs stations privées de la capitale des Comores sont fermées. Devant la station de la Société comorienne des hydrocarbures (SCH), en revanche, la file s’étire sur plusieurs centaines de mètres. Abdou attend depuis des heures. « Je suis là depuis 6 heures du matin. Ici, je suis sûr d’en avoir, même si c’est à 20 heures, parce que c’est la SCH qui vend ».
Les gérants de stations privées dénoncent des livraisons insuffisantes et inégales au quotidien, comme l’explique Akram Elbeit, co-gérant de la station Elbeit à Moroni. « On est limité aujourd’hui à 8 000 litres. Seulement, on ne reçoit que la moitié de ça. Nous on vend plus que la station de la SCH. Toutefois, ces derniers temps, ils reçoivent plus que nous. La concurrence doit être loyale, c’est-à-dire que les hydrocarbures ne peuvent pas se livrer en priorité et plus que les autres ».
Du côté du patronat, on appelle à revoir l’organisation du secteur pour éviter tout déséquilibre. C’est l’avis d’Hamidou Mhoma de la Nouvelle organisation patronale des Comores. « Nous pensons que la SCH a le droit d’avoir ses propres stations. Si la SCH construit une station, elle ne devrait pas la gérer elle-même parce que le risque de biais serait inévitable. Donc la solution pour nous serait de permettre à la SCH de remettre la gestion de cette station à un opérateur privé pour que tout le monde soit traité au même pied d’égalité ».
Contactée, la SCH n’a pas répondu. Les stations privées, elles, demandent une répartition plus transparente du carburant, un meilleur contrôle logistique et l’égalité de traitement entre tous les opérateurs.
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Source:
www.rfi.fr





