Les Cubains de l’étranger souhaitant investir à Cuba vont bénéficier d’un statut migratoire spécifique, ont déclaré vendredi 17 avril les médias d’Etat, un mois après l’annonce par le gouvernement d’une ouverture des investissements à la diaspora.
En pleine tension avec Washington, La Havane avait annoncé mi-mars que les Cubains résidant à l’étranger et leurs enfants, en particulier la communauté émigrée aux Etats-Unis, pourraient investir sur l’île et y détenir des entreprises dans de nombreux secteurs, y compris l’agriculture et les banques.
Un nouveau décret, approuvé jeudi par le Conseil d’Etat, établit un statut migratoire « d’investissement et affaires » à destination des « citoyens cubains résidant à l’étranger qui le sollicitent et participent au modèle économique cubain ».
Ouverture au secteur privé
Ces annonces interviennent au moment où l’île de 9,6 millions d’habitants, sous embargo économique américain depuis 1962, traverse une profonde crise économique, aggravée par le blocus pétrolier imposé par les Etats-Unis qui paralyse pratiquement tous les secteurs.
Depuis janvier, Washington a mis un coup d’arrêt aux envois de pétrole depuis le Venezuela et menace de représailles tout pays souhaitant envoyer du carburant à Cuba. Cette crise a poussé le gouvernement communiste à ouvrir davantage son économie au secteur privé. En février, les autorités ont mis fin au monopole d’importation de carburant, permettant aux entreprises privées d’effectuer des importations directes.
En mars, le gouvernement a également permis la création de sociétés mixtes entre entités publiques et entreprises privées. Les petites et moyennes entreprises privées (mypimes) avaient été autorisées en 2021, après avoir été interdites pendant plus de cinq décennies. Elles n’ont cessé depuis de gagner du terrain dans le tissu économique de l’île. Jusqu’à il y a quelques années, près de 80 % de l’économie cubaine dépendait d’entreprises d’Etat dans le cadre d’un système centralisé et planifié.
Source:
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