Ils accusent le ministère géorgien de la Culture et la Maison des écrivains de la Géorgie d’être les incarnations d' »un régime illégitime et autoritaire ».
Publié le 17/04/2026 16:01
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Plus d’une trentaine d’auteurs et éditeurs géorgiens ont protesté dans une lettre à l’AFP, jeudi 16 avril, contre la représentation de leur pays au Festival du Livre de Paris par le ministère de la Culture et la Maison des écrivains de la Géorgie. Dans cette lettre, quelque 32 signataires, parmi lesquels les auteurs Nino Kharatichvili, Lacha Bougadze et Tamta Melachvili, expriment leur « protestation ferme et profonde inquiétude » de voir leur pays, qui figure parmi les invités spéciaux du Festival, être représenté par ces deux institutions.
Cette prise de position intervient alors que la Géorgie fait l’objet d’inquiétudes croissantes de la part de l’Union européenne et d’ONG de défense des droits humains concernant l’état de la liberté d’expression et un recul perçu des standards démocratiques.
Ces grands noms du milieu, écrivains et éditeurs, affirment que ces deux institutions « ne représentent pas la littérature géorgienne » et sont boycottées par l’écrasante majorité des auteurs et des professionnels du livre dans leur pays. Elles « incarnent un régime illégitime et autoritaire, un pouvoir qui restreint systématiquement les espaces culturels indépendants et mène une politique répressive à l’encontre des écrivains », affirment les signataires.
Ils évoquent notamment « des arrestations massives et arbitraires pour des motifs politiques », ajoutant que « parmi les prisonniers de ce régime figurent des écrivains et des journalistes ». Les grands noms du monde littéraire géorgien poursuivent : « Dans de telles conditions, les institutions culturelles officielles ne peuvent en aucun cas être considérées comme des représentants légitimes d’un processus littéraire libre. »
« Les pays européens n’ignorent pas les conséquences que peut entraîner, même temporairement, une coopération avec des régimes autoritaires », poursuit la lettre. Ces dernières années, plusieurs organisations internationales ont dénoncé des mesures du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, visant des médias, des ONG et des acteurs culturels indépendants et rapprochant, selon elles, le pays de Moscou. Le parti Rêve géorgien rejette ses accusations.
Avec quelque 450 exposants et 1 800 auteurs attendus, le Festival du Livre de Paris, qui se tient au Grand Palais, espère attirer plus de 100 000 visiteurs de vendredi à dimanche, selon son directeur général, Pierre-Yves Bérenguer.
Source:
www.franceinfo.fr





