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"La loi Yadan s’appuyait sur l’actualité internationale, notamment la situation au Moyen-Orient, pour tenter de criminaliser toute critique de l’État d’Israël", affirme Stéphane Peu, député PCF et président du groupe GDR à l’Assemblée nationale

Stéphane Peu, député PCF de Seine-Saint-Denis et président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, était l’invité politique de franceinfo. Il est revenu sur le retrait de la réforme autour du travail du 1er mai, les négociations engagées avec les boulangers et les fleuristes, ainsi que sur l’abandon provisoire de la loi Yadan contre les nouvelles formes d’antisémitisme.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Serge Cimino : La première question est simple : la bataille autour du 1er mai est-elle terminée ou non ? Le Premier ministre, comme on l’a vu dans le journal, doit recevoir cet après-midi des représentants des boulangers mais aussi des fleuristes. Est-il en train d’essayer de déroger à la règle du jour férié, chômé et payé ?

Stéphane Peu : D’abord, nous avons réussi, à l’Assemblée nationale, à balayer la loi portée par Gabriel Attal et soutenue par Marine Le Pen, main dans la main. Cette loi, prétendument destinée à aider les artisans boulangers et fleuristes à ouvrir, était en réalité un grand mensonge. Dans les faits, le texte porté par Gabriel Attal permettait surtout aux grandes surfaces d’ouvrir : les grandes surfaces alimentaires comme celles de jardinage.

Il élargissait effectivement le champ des métiers concernés jusque-là.

Les artisans boulangers représentaient une part marginale. L’essentiel concernait les grandes surfaces. Au total, un million et demi de salariés étaient visés par cette proposition de loi.

Il faut rappeler qu’il y avait une proposition de loi, qu’une motion de rejet préalable a été déposée par ceux qui défendaient le texte, et que le Premier ministre a suspendu la commission mixte paritaire entre députés et sénateurs. La loi est donc, pour l’instant, remisée, mais il semble travailler à des négociations entre les parties prenantes.

Oui, et cela me paraît normal. Lorsque nous avons vu la manière dont Gabriel Attal voulait imposer cette loi à tout prix, sans véritable débat parlementaire, nous avons proposé une motion de censure aux autres groupes de gauche, notamment au groupe communiste. Par ailleurs, l’intersyndicale s’est reconstituée, comme il y a trois ans lors du débat sur les retraites, pour dire : halte là.

Nous avons donc, en quelque sorte, pris le gouvernement en étau : d’un côté les parlementaires de gauche, à notre initiative, avec une motion de censure ; de l’autre les syndicats. Le Premier ministre a alors pris, me semble-t-il, une décision sage : retirer cette proposition de loi et affirmer qu’on ne peut pas légiférer sur le travail en écrasant à la fois le Parlement et le dialogue social.

Si je comprends bien : décision sage du Premier ministre, victoire d’une gauche elle aussi reconstituée, à l’image du front syndical. Mais ces discussions en cours signifient-elles que vous seriez prêt à examiner certaines concessions pour les boulangers et les fleuristes ? Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dit ne pas être opposée à l’ouverture des boulangeries, mais semble plus réservée concernant les fleuristes, notamment parce que le 1er mai est aussi un moment important de vente de muguet pour le Parti communiste.

Sans entrer trop dans les détails, la situation est différente selon les secteurs. Pour les artisans boulangers, il existe une convention collective. À l’intérieur de celle-ci, signée par l’ensemble des syndicats, dont la CGT, il est possible de trouver un aménagement spécifique pour le 1er mai.

En revanche, dans le secteur des fleuristes, il n’existe pas d’accord collectif équivalent. Le périmètre est beaucoup plus large que celui des seuls artisans fleuristes. Il faudrait revenir à une logique comparable à celle des boulangers : recentrer sur l’artisanat.

Vous craignez donc une ouverture généralisée ? Dans le texte de Gabriel Attal, il était question du commerce de détail. Redoutez-vous que cela profite surtout aux grandes surfaces plutôt qu’aux petits commerces ?

Exactement. Il faudrait que la convention collective des fleuristes soit limitée, comme pour les boulangeries, au seul secteur artisanal. Dans ce cas, je pense qu’il existe un chemin pour parvenir à un compromis.

Un compromis qui passerait par une négociation avec les syndicats ?

Oui, par un accord de branche.

Autre actualité parlementaire : hier, le retrait de la loi Yadan, du nom de la députée Renaissance Caroline Yadan. Elle souhaitait lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme. Ses opposants, dont vous faites partie, estiment qu’il s’agissait d’un texte liberticide visant à interdire toute critique d’Israël. Le Premier ministre a annoncé qu’un nouveau projet de loi pourrait être présenté en juin 2026. Est-ce une victoire pour vous, même si le texte doit revenir plus tard ?

Le texte reviendra, en effet. Le Premier ministre a indiqué vouloir ouvrir un dialogue transpartisan afin de trouver un consensus.

Nous sommes, comme beaucoup, profondément inquiets de la montée de l’antisémitisme. La recrudescence des actes et des propos antisémites est extrêmement préoccupante pour tout républicain et tout démocrate. Je rappelle que l’une des principales lois permettant aujourd’hui de sanctionner l’antisémitisme, le négationnisme et le racisme est la loi dite Gayssot, portée par un député communiste, Jean-Claude Gayssot. Nous sommes donc particulièrement vigilants sur ce sujet.

Mais la loi Yadan relevait d’une autre logique. Elle s’appuyait sur l’actualité internationale, notamment la situation au Moyen-Orient, pour tenter de criminaliser toute critique de l’État d’Israël. Cela est absolument insupportable et, j’irais même plus loin, contre-productif. Car aujourd’hui, le principal facteur de progression de l’antisémitisme dans le monde reste, selon moi, la politique menée par le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, qui piétine le droit international.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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