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"36% des parents légitiment la fessée" : un acte violent contre un enfant "n'est pas anodin", alerte la Fondation pour l'enfance

Huit parents sur dix avouent avoir eu recours à des violences verbales ou psychologiques, d’après une étude de la Fondation pour l’enfance, publiée vendredi et à laquelle franceinfo a pu avoir accès.


Publié le 17/04/2026 06:21



Mis à jour le 17/04/2026 08:41

Temps de lecture : 4min

Une loi « anti-fessée » a pourtant été adoptée en 2019, mais les violences éducatives ordinaires persistent. (FRANCK FERNANDES / MAXPPP)

Ce sont les VEO : les violences éducatives ordinaires. « 36% des parents légitiment la fessée à des fins éducatives », selon une étude de la Fondation pour l’enfance, publiée vendredi 17 avril et à laquelle franceinfo et France Inter ont eu accès. La Fondation regrette une « légitimité persistante des punitions corporelles et une banalisation forte des violences psychologiques ».

« Sur les punitions corporelles, on est en léger recul mais vraiment très léger », explique sur franceinfo Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’enfance alors que la loi du 10 juillet 2019 interdit les violences éducatives ordinaires. Mais cela n’a pas été « suivie de communication, d’information à destination des parents, des adultes », déplore-t-elle.

D’après les chiffres recueillis par cette étude sur les violences dites « éducatives ordinaires », sur l’année écoulée, 83 % des parents avouent avoir eu recours à des violences verbales (cris, hurlements) ou psychologiques (menaces, rejet affectif ou ignorance), et 37 % à des violences physiques.

D’après ce sondage, les punitions corporelles sont légitimes pour 39 % des parents lorsque l’enfant est violent, et pour 21 % d’entre eux lorsqu’il est désobéissant. Joëlle Sicamois rappelle qu’un acte violent contre un enfant « n’est pas anodin ». L’enfant va intégrer, notamment dans la petite enfance « que ses émotions ne sont pas entendues, ne sont pas écoutées. Il va comprendre que face à ses émotions qu’il n’arrive pas à maîtriser, la réponse de l’adulte, c’est de le taper », explique Joëlle Sicamois.

Au cours des 12 derniers mois, 68% des parents déclarent avoir déjà « hurlé ou crié après l’enfant », 30% avoir donné « une tape sur la main, le bras ou la jambe », et 19% « avoir utilisé des mots dévalorisants comme ‘stupide’ ou ‘paresseux' ». Au total, 83% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique, et 37% au moins une violence physique au cours de l’année écoulée. Quarante-pour-cent des parents pensent par ailleurs que l’enfant apprend ce qui est bien ou mal grâce aux punitions corporelles.

L’étude pointe également une différence notable entre les pères et les mères : « Les hommes se montrent nettement plus enclins à légitimer les punitions corporelles : 40% estiment que certains enfants en ont besoin pour apprendre à bien se comporter, contre 25% des femmes, témoignant d’écarts importants dans les représentations éducatives », rapporte l’étude.

Ce baromètre montre que ces pratiques persistent, malgré une certaine prise de conscience : parmi les parents qui croient que les punitions corporelles sont utiles pour apprendre aux aux enfants à bien se comporter, près de la moitié entrevoient, dans le même temps, des risques de séquelles durables. Il existe des solutions pour les parents qui auraient trop souvent du mal à se maitriser, comme le recours à des médecins, PMI, psychologues ou autres professionnels de santé.

Dans son communiqué, la Fondation pour l’enfance estime qu’il faut « mieux informer sur le développement de l’enfant […] Une meilleure compréhension du développement, des besoins émotionnels et des séquelles liées aux violences pourrait permettre de prévenir les pratiques abusives ».

Depuis 2019, une loi, surnommée la loi « anti-fessée », avait inscrit noir sur blanc dans le code civil le fait que « l’autorité parentale » s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Avec ce texte, la France était devenue le 56e pays à bannir ce type de violences. Un arrêt de la Cour de Cassation a enfoncé le clou en janvier dernier en rappelant qu’aucun droit de correction parental n’existait dans la loi française. Les conséquences de ces violences, si elles sont régulières, peuvent aller jusqu’à entrainer, une fois adulte, de la dépression, des troubles de conduites alimentaires ou de l’anxiété.

Méthodologie

L’enquête a été menée par l’IFOP auprès de 1 005 personnes représentatives des parents d’enfants âgés de 0 à 17 ans, interrogées entre le 30 janvier et le 9 février 2026 sur internet.


Source:

www.franceinfo.fr

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