Par Locéni Compaoré.
L’or blanc au Burkina Faso traverse depuis quelques années une crise : crise sécuritaire touchant des zones de production cotonnière, notamment dans la Boucle du Mouhoun, incendies des récoltes, retard de payement des producteurs et procès en perles sur des présumés détournements à la SOFITEX, la Société burkinabé des fibres textiles.
C’est justement cette société anonyme avec un capital estimé à ce jour à 19,5 milliards de FCFA qui vient d’être nationalisée. L’annonce été faite par le ministre chargé de l’Industrie, Serge Gnaniodem PODA, à sa sortie du Conseil des ministres de ce 16 avril 2026.
La nationalisation concerne les 6% du capital qui étaient jusque-là, détenus par des acteurs privés nationaux et internationaux. L’Etat et ses démembrements détenaient déjà respectivement 89% et 5% du capital. « Malheureusement depuis plusieurs années, la SOFITEX fait face à de nombreuses difficultés en lien avec le poids de sa dette financière, les charges importantes internes de fonctionnement, les retards qu’elle observe souvent dans les paiements des producteurs, mais aussi certains paramètres à l’échelle internationale liés aux coûts des matières premières et des intrants », tente-t-on de justifier la décision.
Baisse de la production de l’ordre de 26%
Deux décrets ont donc été pris au cours de ce Conseil. Il s’agit de ceux portant respectivement nationalisation de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) et celui portant sur l’approbation des statuts particuliers de ladite société. Si le gouvernement lui-même reconnait que des « difficultés peuvent impacter négativement la performance de la SOFITEX », les producteurs eux, notamment ceux travaillant avec cette société, ont connu des vertes et des pas mûres depuis quelque temps.
Conséquence, la campagne 2024-2025 a enregistré une production de coton graine estimée à 286 623 tonnes contre 386 794 pour la période de 2023/2024. Soit une baisse de la production de l’ordre de 26%. Alors que l’or blanc est le deuxième produit d’exportation du pays après l’or jaune. La filière contribue à 20% du PIB (produit intérieur brut) et fait vivre directement 3 à 4 millions de personnes.
Depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, il a essayé d’imprimer sa marque. Mais elle tarde encore de se faire sentir et de sortir les populations des zones rurales productrices de leur situation de précarité. Au moins deux Directeurs généraux de la SOFITEX ont été nommés en moins de deux ans par ses soins. Témoignant d’une gouvernance qu’il ne semble pas épouser.
Source:
www.financialafrik.com





