La réunion de haut niveau organisée le 15 avril 2026 à Yola, dans l’État nigérian de l’Adamawa, marque une avancée stratégique pour la fluidification des échanges économiques entre le Cameroun et le Nigeria. En réunissant les principales organisations syndicales du transport routier des deux pays, cette rencontre ouvre des opportunités concrètes pour améliorer la circulation des personnes et des marchandises sur l’un des corridors commerciaux les plus actifs d’Afrique centrale et de l’Ouest.
Portée par le Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC) et la Nigerian Association of Road Transport Owners (NARTO), l’initiative s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique signé en octobre 2024 à Tanger. Elle a bénéficié d’un large soutien institutionnel, avec la présence des autorités administratives, des forces de sécurité, des conseils nationaux des chargeurs et des chambres de commerce.
Les échanges ont mis l’accent sur le potentiel économique des axes routiers structurants, notamment le corridor Yola–Garoua, Mubi–Mayo-Woulou et les liaisons vers le Sud-Ouest camerounais. Une meilleure régulation de ces itinéraires pourrait réduire les délais de transport, limiter les surcoûts logistiques et renforcer la compétitivité des opérateurs formels, au bénéfice des économies locales et des recettes publiques.
Parmi les avancées majeures figure la promotion du Guichet d’Affrètement des Cargaisons (GAC), présenté par le GTTC. Cette plateforme numérique vise à dématérialiser les documents de fret, améliorer la traçabilité des cargaisons et réduire les lourdeurs administratives aux frontières. L’annonce d’une version anglaise du GAC constitue une opportunité clé pour renforcer l’interopérabilité avec les transporteurs nigérians et sécuriser les flux commerciaux bilatéraux.
Les syndicats ont également dénoncé les obstacles persistants à la fluidité des échanges, notamment la multiplication des barrières routières et les pratiques illégales de part et d’autre de la frontière. Leur engagement à promouvoir le respect des tonnages autorisés et le passage des cargaisons par les circuits officiels ouvre la voie à une meilleure préservation du patrimoine routier et à une réduction de la contrebande.
Cette dynamique s’inscrit enfin dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine, soutenue par l’Organisation Africaine Unie des Transports et de la Logistique (UAOTL). La réunion de suivi annoncée à Garoua en décembre 2026 sera déterminante pour transformer ces engagements en résultats opérationnels.
Pour le Cameroun, la coopération syndicale dans le transport apparaît désormais comme un catalyseur crédible d’échanges transfrontaliers plus fluides, plus transparents et plus porteurs de croissance.
Source:
www.financialafrik.com





