Chaque jour, des décisions publiques engagent la santé des populations : autoriser un traitement, expliquer une campagne de vaccination, encadrer l’usage d’un produit de santé ou définir des priorités de prévention. Ces choix mobilisent des données multiples et complexes que les autorités et agences sanitaires, maillons essentiels de notre protection collective, évaluent et arbitrent au regard des connaissances scientifiques et du rapport bénéfice-risque.
Pourtant, alors que les attentes des citoyens en matière de protection sanitaire n’ont jamais été si fortes, la reconnaissance de l’expertise qui éclaire ces décisions – ainsi que l’adhésion à cette expertise – est fragilisée et noyée dans une certaine désinformation. En santé, cette dernière se diffuse désormais à grande échelle, dans les médias traditionnels comme sur les réseaux sociaux. Elle prospère sur des récits émotionnels, bénéficie de technologies capables de produire des contenus convaincants mais trompeurs et exploite un environnement informationnel où les mécanismes de vérification peinent à suivre. Par ailleurs, les auteurs d’expertises scientifiques sont de plus en plus fréquemment pris pour cibles, mis en cause, voire menacés. Ce phénomène structure désormais le débat public, fragilise les institutions et altère notre capacité collective à décider sereinement en matière de santé.
Toute décrédibilisation de l’expertise complique l’appropriation des décisions sanitaires, alimente la défiance et laisse le champ libre à la désinformation. La confiance, pourtant indispensable à toute politique de santé, se construit difficilement dans un tel contexte.
Les résultats de ces travaux d’évaluation ne sont pas des opinions ni des idéologies. Les décisions de sécurité sanitaire s’appuient sur les dernières connaissances disponibles, évaluées selon des procédures exigeantes : collégialité, pluralisme, transparence et indépendance. La science avance par hypothèses, validation par des pairs, débats et révisions successives.
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Source:
www.lemonde.fr





