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Canal carpien : la faute du travail dénoncée mais rarement reconnue officiellement

Une large majorité des personnes touchées par le syndrome du canal carpien mettent en cause leurs conditions professionnelles, selon les données récentes : plus de 70 % l’attribuent à leur activité. Ce trouble, caractérisé par des engourdissements, des douleurs et une perte de force dans la main, affecte la vie quotidienne et la capacité à travailler. Le nombre limité de déclarations formelles met en lumière un décalage entre perception individuelle et reconnaissance institutionnelle dans le domaine de la santé.

Les facteurs professionnels associés au syndrome — gestes répétitifs, manutentions, vibrations, postures contraignantes — sont fréquents dans plusieurs secteurs. Les professions industrielles et du bâtiment, les services de soin et certaines activités de bureau coexistent dans le paysage des risques. La prévention ergonomique et la surveillance des postes sont des leviers évoqués par les spécialistes pour réduire l’incidence de ces troubles musculo-squelettiques.

Malgré cette perception largement attribuée au travail, seulement 10 % des personnes concernées ont entrepris les démarches pour faire reconnaître leur situation comme maladie professionnelle. Les obstacles cités par des enquêtes et des professionnels incluent la complexité administrative, un déficit d’information sur les procédures et la crainte de conséquences pour l’emploi. La reconnaissance implique des démarches auprès des organismes compétents et l’expertise médicale; Assurance Maladie et les services d’inspection du travail jouent un rôle central dans l’instruction des dossiers.

La faible proportion de dossiers déclarés a des conséquences concrètes : limitations des droits à indemnisation, moindre prise en charge des aménagements de poste et opportunités réduites de prévention ciblée par les employeurs. Les acteurs de la santé au travail appellent à une meilleure information des salariés, à l’appui des médecins du travail et à des procédures simplifiées pour favoriser la reconnaissance et la prise en charge. Une mobilisation coordonnée entre entreprises, services de prévention et institutions publiques apparaît nécessaire pour traduire la perception individuelle en actions préventives et compensatoires effectives.

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