Près d’un an après le suicide de Caroline Grandjean, victime de harcèlement homophobe dans le Cantal, Christine Grandjean-Paccoud dénonce les défaillances de l’Éducation nationale et attend toujours des avancées de la justice.
Publié le 05/08/2026 08:48
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Le 1er septembre 2025, Caroline Grandjean se donne la mort. Harcelée en raison de son homosexualité, elle subissait depuis deux ans des insultes homophobes et des menaces de mort dans son village du Cantal.
Cinq mois plus tard, une enquête administrative de l’Éducation nationale met en évidence plusieurs défaillances. Le ministre de l’Éducation propose alors une indemnisation financière à son épouse. Un geste que Christine Grandjean-Paccoud a d’abord du mal à comprendre : « Quel est le prix d’une vie ? Pour moi, cet argent est sale. Une vie ne se résume pas à de l’argent. Elle valait combien ? Ils veulent quoi ? Acheter mon silence ? Non, ils n’achèteront pas mon silence. »
Aujourd’hui, Christine Grandjean-Paccoud est encore sous le choc du suicide de sa compagne. « Je vais comme je peux. Il y a des jours où je vais avoir suffisamment de force pour faire des choses, pour avancer. Il y a des jours où je vais m’écrouler. Je m’en donne le droit. »
« J’ai toujours Caroline avec moi, je ressens toujours la force qu’elle m’envoie et je sais ce qu’elle voulait que je fasse suite à son geste et je me battrai pour elle. »
Christine Grandjean-Paccoud, compagne de Caroline Grandjeanà franceinfo
À l’issue d’une enquête administrative, l’Éducation nationale a reconnu une défaillance institutionnelle. Le ministre a toutefois souligné qu’aucune faute individuelle n’avait été identifiée. « Je pense qu’il y a quand même eu au moins deux erreurs majeures. Les syndicats avaient adressé, au mois de mai, un courrier à la directrice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN), avec copie à la rectrice, au préfet et au ministère de l’Éducation nationale. Ce courrier indiquait clairement que Caroline était en danger. Pourtant, il est resté sans réponse », confie, pourtant, Christine Grandjean-Paccoud.
Malgré cette première alerte, un second courrier est, lui aussi, resté sans réponse. : « Au mois de juin, après une première tentative de suicide, les syndicats ont adressé un nouveau courrier, cette fois directement à la rectrice d’académie, avec copie à la DASEN, au préfet et au ministère. Pourtant, lorsque mon avocat a lu ces deux courriers, il m’a dit : Ce sont des courriers prémonitoires. Et ils sont, eux aussi, restés sans réponse. Ce sont deux grosses erreurs, il y en a d’autres, mais ce sont les deux plus grosses. »
« Le 29 août, une marche est prévue à Aurillac. J’espère qu’il y aura encore beaucoup de monde pour exprimer la colère que Caroline portait en elle, et que je porte aujourd’hui en moi. »
Christine Grandjean-Paccoud, compagne de Caroline Grandjeanà franceinfo
Près d’un an après le suicide de Caroline, Christine tente de se « reconstruire », et de vivre pour la mémoire de sa compagne disparue. « J’essaie de faire des choses pour moi, mais ça ne m’intéresse pas vraiment pour le moment. Il faut que je réapprenne à vivre », confie-t-elle.
Juste après le drame, des enseignantes ont contacté Christine, car elles vivaient des situations similaires : « Des couples de femmes m’ont contactée parce qu’elles se cachaient. On sait qu’on est vulnérable quand on est un couple de lesbiennes ou un couple gay. Je ne comprendrai jamais comment peut-on empêcher deux personnes de s’aimer. »
Aujourd’hui, Christine Grandjean-Paccoud attend avec impatience des avancées du côté du ministère de l’Éducation nationale et de la justice. L’enquête sur les menaces et les tags homophobes qui avaient visé son épouse n’a, pour l’instant, que peu avancé. Par ailleurs, plusieurs projets autour de ce drame sont en cours : livres, documentaires, films, sans compter les hommages qui lui seront rendus lors d’événements culturels ou militants.
Source:
www.franceinfo.fr






