Selon Olivier Andriès, président du groupement des industries aérospatiales françaises, les arguments américains dans le secteur « peuvent être battus en brèche ».
La filière aérospatiale française, épargnée par la guerre au Moyen-Orient dans le civil, pourrait accélerer ses ventes militaires en Europe en raison du désengagement des États-Unis auprès de leurs clients européens, a déclaré ce mercredi 6 mai son président.
« Il y a une opportunité indirecte » pour que la « préférence européenne » dans la défense soit mise en oeuvre, a déclaré Olivier Andriès, président du Gifas, Groupement des industries aérospatiales françaises, au cours d’une conférence de presse.
Les arguments, selon lesquels les équipements américains « sont disponibles tout de suite » ou « plus performants que les européens » « peuvent être battus en brèche », a-t-il poursuivi. Il a cité l’exemple du système de défense anti-aérienne SAMP/T de Thales associé aux missiles Aster, récemment choisi par les Danois face aux Patriot américains et dont les Européens n’ont « pas à rougir ». Depuis le début de la guerre du Golfe, certains pays en Europe du Nord et Europe de l’Est, particulièrement les pays baltes, « ont reçu des messages de la part des États-Unis qu’ils seraient dépriorisés », a-t-il assuré.
« Aucune demande de repousser des livraisons d’avions »
Pour la branche civile « il n’y a aucun impact à date », a déclaré Olivier Andriès, qui est également le directeur général du motoriste Safran. « Il n’y a eu aucune demande d’aucune compagnie aérienne de repousser des livraisons d’avions (…) Depuis quelques années, le secteur aérien est plutôt en manque d’avions ». Les compagnies du Golfe ont repris entre 50 à 70% de leurs vols tandis que la part des compagnies low cost qui ont réduit leur programme de vols en raison de la hausse du prix du kérosène est « relativement faible », a-t-il poursuivi.
« Nous ne voyons pas non plus de signaux à date de baisse d’activité dans le domaine de la maintenance », a-t-il ajouté.
L’impact de la guerre sur la filière dépendra toutefois de la durée de la crise, a-t-il souligné. « Si la crise devait s’arrêter dans les prochaines semaines, ce serait un choc dont le secteur se remettrait assez rapidement. Mais si la crise devait durer plus longtemps, on est dans un autre scénario », a-t-il déclaré.
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