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L’écopopulisme, recette magique du parti des Verts britanniques

Un mot dans l’air. L’ascension, outre-Manche, du Green Party of England and Wales fait des envieux parmi les partis de gauche ou écologistes de l’Europe entière. Il y a de quoi, tant cette poussée a été fulgurante. En septembre 2025, un quadragénaire fougueux, Zack Polanski, prend la tête des Verts ; ancien acteur, il est juif, gay, végan et radical. Le nombre d’adhérents au mouvement se met à grimper en flèche, passant de 68 000 à près de 220 000 aujourd’hui.

En février, à la surprise générale, son parti ravit aux travaillistes l’un de leurs fiefs dans la banlieue de Manchester (nord de l’Angleterre), lors d’une élection partielle locale. En mars, les Verts talonnent dans les sondages tant les travaillistes que les conservateurs, avec des intentions de vote avoisinant 17 %. Et, lors des élections locales du jeudi 7 mai, une percée de la formation est attendue dans plusieurs villes et plusieurs arrondissements de Londres.

Le secret de Zack Polanski, mis à part son énergie ? C’est l’« écopopulisme ». Il s’agit de mettre l’écologie au service des classes populaires et de ne pas laisser l’espace « populiste » (discours antisystème, opposition entre le peuple et les élites, restauration d’une « vraie » démocratie…) au seul parti de droite radicale dirigé par Nigel Farage, Reform UK, en tête des intentions de vote.

M. Polanski explique que l’écopopulisme vise à « améliorer les conditions matérielles des gens, ici et maintenant » et à « désigner les vrais responsables » des maux environnementaux et sociaux : non pas les migrants ou les bénéficiaires de l’aide sociale, mais les milliardaires, les compagnies des eaux privatisées, les grandes entreprises prédatrices. Il lie donc étroitement l’urgence climatique aux préoccupations quotidiennes des travailleurs : logement, salaires, services publics.

« Une rupture »

« C’est la première fois qu’un parti Vert occidental se revendique ouvertement du populisme. De ce point de vue, il s’agit d’une rupture, constate Pierre Bussière, chercheur en théorie politique à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Cela semble efficace, mais pour que cela fonctionne dans la durée, cet écopopulisme devra faire l’objet d’une cohérence doctrinale qui ne peut venir que du socialisme démocratique. »

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Source:

www.lemonde.fr

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