Dakar accueille, ce lundi 20 avril et mardi, la dixième édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, une édition anniversaire, dans un contexte de recomposition profonde : recul de la présence française au Sahel, fragilisation de la Cédéao et progression du jihadisme vers les côtes du golfe de Guinée. Le président Bassirou Diomaye Faye préside l’ouverture.
Publié le : 20/04/2026 – 04:56
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Treize ans après sa création, le Forum de Dakar se tient dans un paysage sécuritaire africain transformé, rapporte notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois. Le G5 Sahel est dissous, la Cédéao est fragilisée par le retrait du Mali, du Burkina et du Niger et le jihadisme progresse désormais vers les États côtiers du golfe de Guinée tels que le Bénin, le Togo et le Ghana.
C’est dans ce contexte que se retrouvent, à Diamniadio, pendant deux jours, une centaine d’experts. Parmi eux, figurent des responsables d’organisations régionales africaines, dont le président de la Commission de la Cédéao, mais aussi des militaires de haut rang, dont d’anciens chefs d’état-major et un général burkinabè représentant les centres stratégiques de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Des chercheurs et juristes africains seront également présents ainsi que des partenaires extérieurs : un représentant du département d’État américain ou encore l’envoyée spéciale allemande pour le Sahel.
Ateliers de discussions sur des sujets sensibles
Selon les programmes, après la cérémonie d’ouverture, les ateliers de discussion porteront sur plusieurs thématiques. Notamment le contrôle des ressources naturelles. Il sera question des terres rares et des minerais critiques. Selon l’organisation Rights & Resources, l’Afrique abrite 30 % de ces terres rares, indispensables à la mise en oeuvre d’énergies propres qui serviront à soutenir la transition énergétique actuellement en cours dans le monde. La RDC qui concentre 70 % du cobalt mondial en est l’exemple le plus emblématique. D’où la nécessité pour l’Afrique de s’organiser, explique, à Sidy Yansané du service Afrique de RFI, le Docteur Solange Bandiaky-Badji, présidente de l’Initiative pour les droits et ressources.
« Il y a par exemple le Ghana, le Gabon, la Côte d’Ivoire qui sont les plus grands producteurs de manganèse, le Mali et le Burkina Faso et même le Niger avec l’uranium. l’Afrique, tout d’un coup, est devenue le centre de géopolitique par rapport à ces ressources. Avant, bien sûr, il y avait le pétrole qui posait des problèmes. Si on prend le cas du Nigeria avec le delta du Niger où il y a eu d’énormes problèmes, il y a aussi les mines avec les mines d’or où il y a toujours eu des problèmes ».
« Mais on n’a jamais vu cette ruée géopolitique où toutes les puissances veulent venir en Afrique, poursuit le Docteur Solange Bandiaky-Badji. Et maintenant, ce qu’on se demande, c’est comment éviter cette malédiction des ressources ? On a vu récemment le gouvernement du Sénégal qui a révoqué des contrats miniers parce qu’il s’est dit qu’il faudrait qu’on puisse renégocier, faire en sorte que le gouvernement puisse gagner en taxes, mais aussi que les communautés puissent en gagner. Si on regarde les communautés qui se trouvent dans les zones, il y a beaucoup plus de ressources. C’est là où on a beaucoup plus de pauvres. Et, en fin de compte, les jeunes choisissent l’immigration. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas accès à la terre, à leurs ressources, alors que ça pouvait servir non seulement les gouvernements, mais aussi les communautés locales qui se trouvent à la base ».
Parmi les autres thématiques abordées lors de ce forum : les transitions politiques, la cybersécurité et la recomposition des forces de sécurité régionales. La clôture du forum est prévue, mardi 21 avril, en fin d’après-midi.
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Source:
www.rfi.fr





