[Les signataires de cette tribune ont tenu à préserver leur anonymat, par crainte des représailles. Nous avons accepté ce principe, après avoir pu vérifier leur identité.]
Nous sommes des salariées du groupe Hachette. Nous éditons, publions, diffusons et distribuons des romans, des essais, des manuels scolaires, des livres jeunesse, pratique et illustrés. Nous souhaitons exprimer notre sidération face à la violence du licenciement d’Olivier Nora, PDG emblématique et respecté des éditions Grasset, et à l’annonce de son remplacement par Jean-Christophe Thiery, déjà PDG de Louis Hachette.
Nous nous inquiétons de l’avenir de la maison et, plus largement, de celui de notre groupe. Nous voulons affirmer notre attachement profond à celui-ci et à la pluralité des voix qui le constituent, à la liberté de création et aux salariés qui sont le cœur battant de chacune des maisons, dont nous défendons les livres et les auteurs chaque jour depuis de nombreuses années.
Nous voulons travailler dans des conditions sereines et sommes aujourd’hui très inquiets pour la diversité éditoriale de nos maisons, car nous constatons, à nouveau, que la liberté de nos éditeurs est gravement mise en danger.
Nous pensons à l’ensemble des salariés, des collaborateurs et des auteurs de Grasset et souhaitons leur exprimer notre solidarité et notre soutien.
Nous encourageons le monde politique à s’emparer du sujet le plus rapidement possible car la situation est alarmante et concerne l’ensemble du secteur culturel et au-delà. La concentration de maisons d’édition et de médias est un enjeu démocratique de premier plan et un véritable danger. Nous souhaitons être au service des auteurs et des lecteurs et non d’un agenda politique.
Source:
www.lemonde.fr





