Dans son dernier spectacle « Marry me in Bassiani » à la Grande Halle de la Villette à Paris, le collectif (La)Horde composé de Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel fusionne musique techno et danse folklorique. Un spectacle engagé où s’entremêlent folklore, résistance et liberté.
Publié le 25/04/2026 14:00
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« Les peines on les divise par 3 et les joies on les multiplie par 3 ». C’est par ce mantra que se définit le collectif (La)Horde pour son spectacle Marry me in Bassiani. Un spectacle qui mélange les genres et fait dialoguer les corps. Pour Marine Brutti membre de ce trio, c’est une forme d’optimisme et un combat de tous les jours : « Dans les spectacles qu’on fait, on sent qu’on est une génération assez anxieuse et angoissée avec des luttes qui nous mettent en colère, mais ce sont des colères saines. Il est important de s’indigner et la joie est une lutte. »
Depuis 2013, (La)Horde a parcouru beaucoup de chemin. Aujourd’hui les plus grandes vedettes sollicitent le collectif pour ses chorégraphies, à l’instar de Madonna ou Rosalia (lors des Brit Awards il y a quelques semaines). Cette dernière rencontre fut « exceptionnelle » pour Marine Brutti avec une performance techno sur le morceau symphonique Berghain : « Quand l’album est sorti en octobre, le monde s’est un peu arrêté. Il y a eu une espèce de prise de pouvoir au niveau de la liberté. On écoutait son album en boucle. Et lorsqu’elle nous a contactés, on a réfléchi ensemble et on s’est dit ‘faisons une rave aux Brit’. » Pour ensuite se rendre compte que ça avait été une vague mondiale.
C’est toute la subtilité de (La)Horde. Mixer, jumeler des univers que classiquement tout pourrait opposer. Marry Me Bassiani en est le fruit. Une alliance de musique traditionnelle de Géorgie (où se déroule la scène) et de techno. Des mixages naturels qui entremêlent danse contemporaine et danse folklorique. « On essaye de refuser un maximum de classer » explique Marine Brutti. « On n’a pas de problème à avoir des identités. Il est important de dire qu’aucune danse n’est meilleure qu’une autre. »
Pour extirper toute l’essence des « réminiscences de mouvements ancestraux », (La)Horde a passé du temps sur place, à Tbilissi, et a découvert la vie des danseurs géorgiens dont beaucoup se retrouvaient à Bassiani (un club qui existe sous le stade de foot). C’est un lieu techno mais également politique, selon Marine Brutti qui rassemble tellement de personnes d’origines différentes qu’il en est « une recette pour l’anarchie où tout le monde danse ensemble ».
Se pose alors cette question : quand les gens ne peuvent plus se parler, le langage du corps est-il l’ultime moyen de communiquer ? « Ceux qui participent à faire exister la danse et les danses, ont une forme d’acte de résistance. Et on adore l’idée de partager pendant un temps un espace, une histoire, une énergie et qu’on va en ressortir forcément un peu transformés. »
Et maintenant ? Quels pourraient être les prochains projets de chorégraphie de (La)Horde ? Pourquoi pas Céline Dion, s’amuse Marine Brutti, d’autant qu’Arthur Harel (autre membre du collectif) est l’un de ses grands fans. Céline Dion qui a, dit-elle, « un petit goût d’éternel ».
Source:
www.franceinfo.fr





