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"L'Eurovision, c'est une fête et ça doit le rester !" : à trois semaines de l'Eurovision, les eurofans réunis à Paris

Alors que la finale, le 16 mai, approche à grands pas, le bureau français de l’Organisation Générale des Amateurs de l’Eurovision a rassemblé ses troupes, comme chaque année, dans un bar du quartier du Marais à Paris. L’occasion de se mobiliser derrière la représentante française, la jeune Monroe, l’une des favorites des bookmakers avec sa chanson « Regarde ! ».


Publié le 25/04/2026 06:33

Temps de lecture : 3min

Les eurofans rassemblés pour une soirée à Paris, le 23 avril 2026. (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

À peine arrivé dans ce bar du Marais, la drag queen Kyssy Bang Bang nous prend par le bras. Impossible d’échapper au karaoké « spécial Eurovision » qui se déroule au sous-sol. Nous voilà joyeusement contraint d’interpréter le titre qui a donné la victoire à Marie Myriam en 1977, L’oiseau et l’enfant, la dernière victoire française, il y a bientôt un demi-siècle. Kyssy Bang Bang, c’est la maîtresse de cérémonie de cette soirée des eurofans. Traditionnellement chaque année, son public attend qu’elle entonne la chanson du représentant français pour l’édition en cours. Mais cette fois, Kyssy jette l’éponge face à Monroe, le jeune chanteuse lyrique de 17 ans, aux vocalises qui laissent pantois : « Vous ne m’entendrez pas la chanter, parce que je ne suis physiquement pas capable de la chanter ! »

Monroe a grandi dans l’Utah aux Etats-Unis, mais ses parents lui ont offert une double culture, américaine et française. Elle a commencé la musique à l’âge de 7 ans. franceinfo l’a rencontrée récemment, et elle nous confiait son excitation à l’idée de se présenter sur la plus grande scène du monde, celle du concours de chansons aux 160 millions de téléspectateurs. Avec sa chanson Regarde !, elle est solidement installée dans le peloton de tête des bookmakers. « Je suis impressionné par sa maturité, elle très ‘pro’, elle a beaucoup de charisme. 12 points pour Monroe ! », s’enthousiasme Stéphane Chiffre, président de l’OGAE France, présent à cette soirée, avec un badge à l’effigie de Monroe épinglé à son t-shirt. Mais malgré la bonne ambiance qui règne dans ce bar de nuit, impossible cette année d’ignorer les questions sensibles. L’Eurovision est un concours de chanson, c’est aussi un concours de nations, et cela rime parfois avec tensions.

Fin 2025, coup de tonnerre dans le monde de l’Eurovision. Cinq diffuseurs publics claquent la porte du concours, cinq pays qui ne seront pas représentés à Vienne, parmi lesquels de gros contributeurs financiers : Espagne, Pays-Bas, Islande, Irlande et Slovénie. Ils entendent ainsi protester contre la présence d’Israël qui fait polémique, depuis la guerre à Gaza. L’Union européenne de radio-télévision (UER), après un vif débat en interne en fin d’année dernière, a confirmé qu’Israël avait sa place à l’Eurovision. En parallèle, les appels au boycott continuent. Le dernier en date : celui relayé par plus d’un millier d’artistes, parmi lesquels Massive Attack, Macklemore, Peter Gabriel, Roger Waters (ex-Pink Floyd) et même d’anciens gagnants de l’Eurovision. « On fait avec, les fans sont un peu meurtris par cette situation », glisse Stéphane Chiffre, avant de faire ce constat : « C’est vrai que le monde change. L’Eurovision, c’est une fête et ça doit le rester ! Est-ce qu’il faut y mettre une couche de politique dedans ? Je n’en suis pas sûr ».

Kyssy Bang Bang (à droite), animatrice de la soirée (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Kyssy Bang Bang (à droite), animatrice de la soirée (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Dans la foule des eurofans présents à cette soirée, nous croisons Vincent, à qui nous demandons tout simplement si le cœur y est cette année. Réponse : « Un peu à moitié », avant d’ajouter : « J’ai un ami qui n’y va pas. Il a écrit un édito sur un site en anglais, dans lequel il dit : ‘À ceux qui y vont, dansez pour nous, dansez pour ceux qui n’ont plus le cœur de danser’. Moi je vais à Vienne un peu avec cet état d’esprit ».

Mais alors que des airs d’Abba s’échappent du sous-sol du bar, Kyssy Bang Bang intervient et nous ramène vite à la compétition, qui aura lieu malgré tout : « C’est quoi les pronostics, chéri ? » Rapide sondage parmi les eurofans : le duo finlandais est, pour l’heure, le grand favori de l’Eurovision 2026. Un chanteur, Pete Parkkonen, et une violoniste de renom, Linda Lampenius, dont le dialogue musical fiévreux a déjà marqué les esprits. Il faudra surveiller également Delta Goodrem, l’Australienne à la grande voix, star dans son pays. Elle revient aussi beaucoup dans les conversations, tout comme le Grec Akylas avec sa chanson en forme de gimmick Ferto, drôle en apparence mais qui porte un message sur la société de consommation.

Mais bien sûr, tout le monde a un mot pour Monroe : « La chanson a ce côté épique qui peut plaire à l’Eurovision », observe Maël, du podcast Eurovision Just Baguette. D’ailleurs Kyssy bat le rappel pour une petite chorale improvisée. Tout le monde reprend tant bien que mal, mais y mettant du cœur, Regarde !. Certains, comme Rémi, du site L’Eurovision au quotidien, ont même envie d’y croire : et si Monroe « mettait un terme à 49 ans de disette » pour la France à l’Eurovision ?

La soirée des eurofans, à trois semaines de l’Eurovision : reportage de Benjamin Illy

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écouter (3min)


Source:

www.franceinfo.fr

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