Cet été, attendez-vous à avoir chaud. Très chaud. C’est l’organisme européen de surveillance du climat Copernicus qui l’annonce.
Les météorologues sont inquiets : leur carte vire au rouge foncé sur près de 90 % de la planète. En cause, un phénomène El Niño, qui fait déjà grimper les températures dans le Pacifique. Mais plus personne n’est dupe : le réchauffement climatique y sera pour beaucoup.
Le saviez-vous ?
Depuis les années 1980, l’Europe se réchauffe à un rythme plus de deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Nous devons cette tendance à des modifications de la circulation atmosphérique. Mais aussi à une diminution de la pollution de l’air due à des réglementations plus strictes et à une couverture neigeuse amoindrie qui réduit l’albédo — comprenez, la quantité de rayonnement solaire renvoyé vers l’espace.
Ce qui se profile pour les mois à venir s’inscrit ainsi dans une triste continuité. Celle d’une année 2025 déjà hors norme. Dans leur dernier rapport, le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) décrivent une Europe frappée de plein fouet par les extrêmes, où les vagues de chaleur se multiplient, de la Méditerranée à l’Arctique, pendant que les glaces poursuivent leur recul et que les mers atteignent des températures record.
Des températures qui n’ont plus rien de normal
« L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, et les conséquences sont déjà graves. Au moins 95 % de la région a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025 », rapporte Florian Pappenberger, directeur général du CEPMMT, dans un communiqué.
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L’exemple de la vague de chaleur qui a déferlé sur la Fennoscandie est peut-être le plus alarmant. La quoi ? La Fennoscandie. En d’autres mots, une région du nord de l’Europe qui s’étend un peu au-delà de la Scandinavie. En juillet 2025, elle a connu sa plus longue période de chaleur jamais enregistrée. Trois semaines au cours desquelles les températures sont allées jusqu’à dépasser les 30 °C à l’intérieur du cercle polaire arctique ! Une moyenne plus de 10 °C au-dessus des normales et un pic atteint du côté de Frosta (Norvège) à 34,9 °C !

Le graphique de droite montre la sévérité des vagues de chaleur en Fennoscandie subarctique depuis 1950 avec une taille des cercles proportionnelle à la superficie touchée par chaque événement. La sévérité des vagues de chaleur est calculée en fonction de l’anomalie de température moyenne par rapport à la période de référence 1961–1990, de la durée et de la superficie touchée. © C3S et ECMWF ; données E-OBS et SYNOP
Chaleur et manque de pluie : un cocktail explosif
De telles chaleurs sont, en elles-mêmes, difficiles à supporter. Mais quand elles se mêlent à des précipitations inférieures à la moyenne, les conséquences sont majeures.
Sur le front des feux de forêt, d’abord. En 2025, une superficie record d’environ 1 034 000 hectares est partie en fumée en Europe. C’est plus que la superficie de Chypre !
L’effet s’est aussi fait ressentir sur la couverture neigeuse. En mars de l’année dernière, la superficie enneigée en Europe était inférieure de 31 % à la moyenne. L’équivalent de la superficie cumulée de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche.
Les glaciers, enfin, ont subi une perte nette de masse. La calotte du Groenland a perdu 139 milliards de tonnes de glace, soit environ 1,5 fois le volume total des glaciers des Alpes.

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Résultat : des émissions de gaz à effet de serre qui atteignent des niveaux records, d’autant plus que les incendies de tourbières libèrent d’importantes quantités de carbone, et un niveau de la mer qui augmente encore, chaque centimètre supplémentaire exposant 6 millions de personnes supplémentaires aux inondations côtières.

En 2025, 86 % de la zone océanique européenne ont vécu des vagues de chaleur marine au moins « fortes ». Des conditions « sévères » ou « extrêmes » ont affecté 36 % de la région. C’est la proportion la plus élevée jamais enregistrée. © DMI, C3S, ECMWF ; données C3S Global Sea and Sea Ice Surface Temperature v1.0
La pression monte sur les ressources en eau
Le niveau de la mer grimpe d’autant plus que l’océan se réchauffe fortement. Autour de l’Europe, il a connu, en 2025, sa température annuelle de surface la plus élevée jamais enregistrée. Une quatrième année consécutive de chaleur record.
Des vagues de chaleur marines en Méditerranée, on s’y attend presque. Mais en juillet dernier, des conditions « sévères » sont allées jusqu’à toucher la mer de Norvège.
Dans nos fleuves et nos rivières, l’eau a moins coulé : environ 70 % de débits inférieurs à la moyenne. Et nos sols n’avaient presque pas été aussi secs depuis 1992. Pas si étonnant, donc, qu’une sécheresse soit venue frapper plus de la moitié de l’Europe au mois de mai.

Ces indicateurs climatiques montrent l’évolution à long terme de plusieurs variables clés utilisées pour évaluer les tendances mondiales et régionales dans un contexte de changement climatique. © European State of the Climate 2025
La biodiversité, secret d’un futur durable
Ces records qui se multiplient, ce ne sont pas que des chiffres. Derrière ces conditions extrêmes, il y a des écosystèmes qui subissent une pression grandissante.

L’Europe est en surchauffe : ces infographies décrivent un continent en détresse au bord du basculement
L’organisme de surveillance du climat européen, Copernicus, a publié jeudi 20 avril son rapport sur l’état du climat en 2022. Le climat européen subit de plein fouet le réchauffement climatique, et cela s’est traduit par une cascade d’événements anormaux au cours de l’année passée…. Lire la suite
Connaissez-vous les posidonies ? Ce sont des plantes marines méditerranéennes. Posidonia oceanica couvre environ 19 000 km² le long des côtes européennes. Elle est précieuse, aussi bien d’un point de vue écologique qu’économique. Mais elle est sensible aux températures élevées. Au cours des 50 dernières années, les herbiers de posidonie ont reculé de 34 %. Alors des mesures de protection ont été prises depuis une décennie. Avec des résultats qui commencent à se mesurer en matière de richesse en espèces, de communautés benthiques plus complexes et de zones de nurserie pour les poissons. Également de puits de carbone et de réduction de l’érosion.

Cette infographie montre l’interdépendance entre le changement climatique, la biodiversité et d’autres systèmes clés tels que l’alimentation, la santé et l’économie. © European State of the Climate 2025
Une bonne nouvelle pour l’humanité. Parce qu’il faut peut-être le rappeler, la biodiversité est essentielle à nos vies. Lorsqu’elle est menacée, nous le sommes aussi. Et nous n’avons pas besoin de ça.
Car le climat de 2025 n’a pas seulement poussé la nature dans ses retranchements. Il a aussi pesé sur les organismes et sur nos économies. En France, les deux vagues de chaleur de l’été 2025 ont entraîné au moins 760 décès en excès. Quant aux sécheresses de l’année dernière, elles seraient à l’origine, en Europe, de quelque 43 milliards d’euros de pertes immédiates.
Source:
www.futura-sciences.com





