La direction du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) poursuit son projet, démarré en 2021, d’agrandir son centre d’élevage de primates non humains (PNH) sur la commune de Rousset (Bouches-du-Rhône), près de Marseille. Le but est d’y élever au maximum 1 800 primates pour, à partir de 2032, en produire de 250 à 300 par an et les vendre aux laboratoires de recherche publics français à des fins d’expérimentations scientifiques.
En 2023, l’Etat a décidé de soutenir ledit projet, à hauteur de 30 millions d’euros, dans le cadre du plan d’investissement France 2030. Malgré les nombreuses objections éthiques, l’obstination des porteurs du projet, du CNRS et de l’Etat témoigne de la prévalence, en France, d’une conception dépassée de l’expérimentation animale.
En effet, depuis 2024, des réserves sont émises de toutes parts : ONG [organisations non gouvernementales], société civile, chercheurs et universitaires, parlementaires questionnent le bien-fondé d’un tel projet sur les plans éthique, scientifique et économique. Une concertation publique a eu lieu à l’automne 2025, suivie de la publication d’un rapport par le garant du débat public, le 16 décembre 2025, et de l’avis du comité d’éthique du CNRS (Comets), le 27 janvier.
Une image négative
Dans sa conclusion, ce dernier « estime que le projet (…) ne pourrait être acceptable qu’aux conditions suivantes : 1. Réaliser une instruction scientifique collective contradictoire ; 2. Dresser une trajectoire précise de réduction de l’utilisation des PNH en recherche académique ».
Pourtant, faisant fi des recommandations, avis et arguments, la délégation Provence-Corse du CNRS réitère, dans sa réponse du 16 février, sa volonté de poursuivre le projet sans en modifier les objectifs ou le dimensionnement et sans envisager de remplir les conditions préalables posées dans l’avis du Comets. Recourir à des consultations publiques, solliciter l’avis de comités d’éthique, pour finalement ignorer largement les objections émises, renvoie au public une image négative de la communauté scientifique et risque de pousser nos concitoyens vers une attitude antiscience, qui a déjà trop d’adeptes.
Il vous reste 70.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr





