Les cachalots communiquent grâce à des séries de cliquetis appelées codas, émises par leurs « lèvres phoniques », une structure située dans les narines et comparable, par certains aspects, à nos cordes vocales. Jusqu’ici, les chercheurs analysaient surtout le rythme de ces séquences, comme un code morse animal.
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Mais des travaux menés par le projet Ceti, consacré à l’étude de leur communication, avaient déjà mis au jour une autre dimension : deux types distincts de clics, différenciés par leurs formants, c’est-à-dire la répartition des fréquences dans le son. Chez l’être humain, ce phénomène permet notamment de distinguer les voyelles.
Comme nous modifions la forme de la bouche ou de la gorge pour produire un « a » ou un « i », les cachalots semblent ajuster une structure interne de leur nez, le sac aérien distal, pour changer la résonance de leurs clics.

Les cachalots modifieraient une structure interne de leur nez pour faire varier la résonance de leurs clics, comme des voyelles. © prochym, Adobe Stock
Une organisation loin d’être aléatoire
Dans cette nouvelle étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, les chercheurs montrent que ces deux types de sons, baptisés arbitrairement « a-coda » et « i-coda », ne sont pas utilisés au hasard.
Certains motifs rythmiques emploient autant de codas en « a » qu’en « i », tandis que d’autres privilégient largement les premiers. Les codas en « a » sont généralement plus courts, alors que les codas en « i » existent en versions brèves ou longues. Là encore, cela rappelle les langues humaines, où la durée d’une voyelle peut parfois changer le sens d’un mot, comme en arabe.

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Pour Gašper Beguš, linguiste à l’Université de Californie à Berkeley et auteur principal de l’étude, ces résultats suggèrent un contrôle actif et structuré des sons produits. Leur signification exacte reste inconnue, mais une chose semble acquise : les cachalots disposent d’un système vocal bien plus riche qu’on ne le pensait.
Source:
www.futura-sciences.com





