Un alignement des planètes favorable – mais précaire – est en train de redonner des couleurs au statut diplomatique de l’Algérie. On a suffisamment souligné son isolement international de ces dernières années, ses démêlés avec son environnement régional ou sa voix inaudible dans les forums mondiaux pour ne pas reconnaître que l’horizon s’est quelque peu dégagé depuis plusieurs semaines.
L’éclaircie va prendre un éclat particulier avec la visite du pape Léon XIV du lundi 13 au mercredi 15 avril sur la terre qui vit naître, en 354, saint Augustin, enfant de Tagaste (aujourd’hui Souk Ahras), dont le souverain pontife se considère comme disciple en sa qualité de membre de l’ordre des augustins. Si le Maroc a déjà accueilli à deux reprises un chef de l’Eglise catholique – Jean Paul II en 1985 et François en 2019 –, le déplacement papal à venir sur le sol algérien est une grande première.
« L’Algérie, point de départ d’un message de paix universel », titre déjà la presse algérienne, en citant la formule de l’archevêque d’Alger, Mgr Jean-Paul Vesco, dont le rôle a été crucial dans la genèse de la visite. A Alger, les autorités s’apprêtent à orchestrer cette première étape d’un périple africain qui conduira Léon XIV également au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale comme une marque de reconnaissance extérieure.
Cette séquence religieuse prolonge un dégel diplomatique qui redonne quelques marges à un Etat qui s’était isolé comme rarement dans ses relations avec ses voisins ou ses partenaires historiques. A Alger, les visites de dignitaires se bousculent en effet, au point que la presse officielle s’enivre d’un ton triomphal. « Alger, carrefour diplomatique majeur », « Tous les chemins mènent à Alger », s’extasiait ainsi pompeusement, fin mars, le quotidien L’Expression, proche du régime.
Baraka géopolitique
C’est de bonne guerre. Car les déplacements successifs du chef d’Etat du Niger, Abdourahamane Tiani (15-16 février), de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni (25 mars), et du ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares Bueno (26 mars), sont loin d’être anodins. Ils restituent du jeu à l’Algérie sur ses marches sahéliennes – au moins en partie – et son voisinage méditerranéen. L’acquis n’est pas négligeable, quand on se souvient combien son influence régionale s’était racornie dans les années 2020-2025.
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Source:
www.lemonde.fr





