Après une série d’attaques perpétrées par des guerrileros qui a tué au moins 21 civils dans la région périphérique du sud-ouest de la Colombie ce weekend, le Pape «triste et inquiet» a dit prier pour les victimes de la violence. «Rien ne peut la justifier», affirmaient mardi les évêques du pays.
Marie Duhamel – Cité du Vatican
Place Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a évoqué le nouvel épisode de violence qui a meurtri ce weekend le sud-ouest de la Colombie, alors qu’il saluait les pèlerins hispanophones lors de l’Audience générale.
Depuis vendredi dernier, 31 attaques ont été perpétrées dans le département de la Cauca et les régions limitrophes, faisant des dizaines de morts et de blessés. Samedi, un attentat à la bombe a tué 21 civils et blessé 56 autres, des anonymes qui circulaient sur la route panaméricaine reliant les villes de Cali et de Popayan.
Les funérailles des défunts ont été pour la plupart célébrées lundi à Cajibio, proche du lieu de l’explosion, en présence de centaines de Colombiens vêtus de blanc. Sur leur banderole, ils appelaient au «respect de la vie, du territoire et (au) droit à vivre en paix».
Choisir la voie de la paix
Ce mercredi, le Pape a évoqué ces événements «avec tristesse et inquiétude». Léon XIV a déploré les «graves pertes en vies humaines» et a prié pour les victimes de la violence dans la région.
Cette violence serait le fait de l’EMC, l’Etat-major central, la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui n’a pas adhéré à l’accord de paix signé en 2016 avec une médiation du Saint-Siège. Hier, la police colombienne a capturé un de ses chefs, José Vitonco, alias Mi Pez, désigné comme le principal responsable de l’attentat à la bombe. Cet homme ferait partie du cercle rapproché d’Ivan Mordisco, à la tête de l’EMC et criminel le plus recherché du pays.
Ces dernières années, malgré une politique de paix totale qu’a tenté de conduire le président Gustavo Pedro, la présence et les actions des anciens guerrilleros des Farcs se sont renforcées dans le Cauca. Cette zone périphérique et abandonnée de l’État, est devenu l’un des pricincipaux bastions de l’EMC. Le territoire est couvert de vastes superficies de champ de coca, et serait un lieu privilégié pour le trafic de cocaïne, dont la Colombie reste le premier producteur mondial.
« Rien ne justifie la violence »
Dans un communiqué publié après les attaques, les évêques se sont également associés au cri d’alarme des populations des départements de Huila, Meta, Cauca, Valle del Cauca et Nariño. Ils y expriment leur profonde douleur, leur consternation et leur inquiétude face à la recrudescence de la violence et à la crise humanitaire qui affecte gravement les populations locales.
La violence porte atteinte à la dignité humaine et viole le droit fondamental à la vie, rappellent les évêques.
La Conférence épiscopale condamne sans appel les attaques et «élève la voix pour réaffirmer avec fermeté que rien ne justifie la violence. Toute action armée qui porte atteinte à la population civile constitue une grave offense à Dieu et une rupture de l’ordre moral et social. La vie humaine est sacrée et doit être protégée en toutes circonstances», écrivent-ils.
Ils manifestent leur solidarité avec les victimes et lancent un appel urgent aux acteurs armés: «Au nom de Dieu, nous exhortons ceux qui encouragent et commettent des actes de violence à faire preuve de raison et à cesser immédiatement tout acte portant atteinte à la vie, à respecter les principes du droit international humanitaire et à traiter la population avec humanité. Persister dans la violence ne fait qu’aggraver les souffrances du peuple et détruire le tissu social».
Les évêques demandent à l’État d’assumer ses responsabilités pour garantir la protection effective de la population, l’accès aux biens essentiels et une présence intégrale sur les territoires.
Ils concluent en appelant toutes les communautés ecclésiales à intensifier la prière pour la paix dans toute la Colombie et à promouvoir des actions concrètes d’aide humanitaire en faveur des populations touchées.
Source:
www.vaticannews.va





