Publié le 17/04/2026 21:54
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La direction de La Poste du Rhône a pris la décision de suspendre la distribution du courrier et des colis dans plusieurs rues de la ville de Vénissieux. La raison : trop de risques, un climat de violence. Deux fusillades ont eu lieu en moins de 24 heures.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans un quartier de Vénissieux (Rhône), les prix des stupéfiants s’affichent sur les murs. Sur certaines fenêtres, des impacts de balles. La semaine dernière, deux fusillades ont éclaté dans ce secteur. L’une d’entre elles a été filmée : on y voit trois hommes cagoulés tirant sur une quatrième personne, en plein jour. Des violences qui ont poussé La Poste à prendre une mesure radicale. Les facteurs ne passent plus dans ce secteur.
Un habitant, qui préfère rester anonyme, nous explique être à bout de nerfs : « Le facteur, je le comprends, il n’a pas envie de recevoir une balle dans la tête. Mais ça fait 10 ans qu’on alerte… », confie-t-il. Désormais, les habitants sont obligés de se rendre dans le bureau de poste voisin pour récupérer leur courrier et leurs colis. Une situation exceptionnelle, mais jugée indispensable par les facteurs : « Ils sont soulagés, mais ils savent que c’est temporaire. Et aujourd’hui, ils ne sont pas en sécurité », témoigne Boumedienne Chergui, responsable syndical UNSA Postes Rhône.
Ce n’est pas la première fois que cette ville située près de Lyon est confrontée à ce type de violences. Il y a un an, une infirmière avait été violemment agressée près d’un point de deal. Depuis, plusieurs professionnels de santé refusent de se rendre dans certains immeubles. Un médecin, lui, continue ses visites à domicile, même s’il explique être régulièrement contrôlé par les guetteurs : « Il faut montrer patte blanche, ouvrir sa valise pour montrer qu’on n’a pas un appareil photo, mais un stéthoscope. Appeler la famille qui habite sur place, qui vient vous chercher pour éviter les problèmes », explique Pascal Dureau, médecin généraliste à Vénissieux (Rhône).
Des trafiquants qui font fuir les services publics. L’an dernier à Saint-Ouen, en région parisienne, une école située près d’un point de vente a dû déménager. Et en début d’année, c’est le groupe Orange qui a choisi de délocaliser l’un de ses sites marseillais à la suite d’une fusillade.
Source:
www.franceinfo.fr





