Le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix (Horizons), a été condamné jeudi 30 avril à cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat pour prise illégale d’intérêts et subornation de témoin, et va donc devoir quitter tous ses mandats électifs en cours, même s’il fait appel. Il a également été condamné par le tribunal de Lille à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.
Présent au délibéré, il a quitté le tribunal avec ses avocats au pas de course, sans faire de déclaration. Cette peine d’inéligibilité avec « exécution provisoire », la peine maximale, a souligné le tribunal, est conforme aux réquisitions du parquet.
Dans ses réquisitions à l’issue du procès de M. Degallaix, en février, le parquet avait demandé à son encontre un an d’emprisonnement avec détention à domicile sous surveillance électronique et une amende de 25 000 euros. Malgré son procès, qui s’était tenu dans des conditions rocambolesques en pleine campagne des élections municipales, M. Degallaix, 60 ans, avait été réélu d’une courte tête en mars au second tour, avec 32,5 % des voix. Il préside aussi la communauté d’agglomération Valenciennes Métropole (200 000 habitants).
Laurent Degallaix, maire de la sous-préfecture du Nord (44 000 habitants) depuis 2012, a été jugé coupable d’avoir fait pression pour faire embaucher une femme avec qui il avait une relation intime dans une société chargée du stationnement dans la commune. Il a également été condamné pour avoir tenté de la convaincre d’abandonner une plainte qu’elle avait déposée contre lui et pour avoir utilisé son statut de maire pour accélérer le licenciement d’une autre femme, proche d’opposants politiques.
« Sentiment d’impunité »
La présidente du tribunal a souligné jeudi dans les motivations du jugement un « sentiment d’impunité » de M. Degallaix ainsi qu’une « perte de repères complète » de sa part.
Pour Eric Darques, de l’association AC !! Anti-Corruption, « l’essentiel, c’est que la justice a aujourd’hui dit qu’un type, un élu qui se permet ce genre de choses, n’a pas sa place à la tête d’une mairie, à la tête d’une collectivité et qu’il doit dégager ». Il a salué le fait que cela ait été dit « de manière très claire en assortissant la condamnation d’une peine d’exécution provisoire ».
Le procureur avait souligné à l’audience en février la « gravité des manquements » qui ont « porté atteinte à l’image des fonctions électives » ainsi que la « réitération » des faits, M. Degallaix ayant déjà été reconnu coupable d’une infraction du même type.
L’avocat du maire, Philippe Simoneau, après avoir tenté en vain d’obtenir un report du procès après les municipales, avait dénoncé des réquisitions « totalement disproportionnées » s’apparentant à une « exécution politique ».
Newsletter
« Politique »
Chaque semaine, « Le Monde » analyse pour vous les enjeux de l’actualité politique
S’inscrire
Un prévenu, membre de la société de parking concernée, a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et quatre ans de privation du droit d’éligibilité. Les deux derniers prévenus ont été condamnés à douze et six mois de prison avec sursis.
Source:
www.lemonde.fr





