Jerome Powell a annoncé, mercredi 29 avril, qu’il resterait à la Réserve fédérale américaine (Fed) comme gouverneur à la fin de son mandat de président, et ce tant qu’il ferait l’objet de pressions politico-judiciaires. Il est président jusqu’au 15 mai, mais peut rester au conseil des gouverneurs jusqu’à la fin janvier 2028.
« Je partirai quand je le jugerai approprié », a-t-il déclaré en conférence de presse. « C’est une violation de toutes les règles de la Fed », s’est indigné le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, sur la chaîne de télévision Fox Business. Le ministre dit y voir une « insulte » aux banquiers centraux nommés par Donald Trump, « comme si lui seul [Jerome Powell] pouvait préserver l’intégrité » de l’institution. De son côté, le président américain a ironisé sur sa plateforme Truth Social : le patron de la banque centrale américaine « ne reste que parce qu’il ne trouve pas de travail ailleurs (…) personne ne veut de lui ».
Cette situation, très inhabituelle, a quelque peu éclipsé l’aspect monétaire. La banque centrale venait de laisser ses taux d’intérêt inchangés (entre 3,50 % et 3,75 %). La décision était attendue, mais quatre responsables ont manifesté leur désapprobation, pour des raisons différentes.
Jerome Powell a expliqué qu’il comptait « faire profil bas » en tant que gouverneur, ne restant que parce que le ministère de la justice et la Maison Blanche maintiennent la pression contre lui. Ils lui reprochent le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington. Une enquête ouverte par une procureure proche de Donald Trump vient d’être close, sans sembler définitivement enterrée.
Déstabiliser la banque centrale
Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président Trump n’hésite pas à déstabiliser la banque centrale, qui ne fournit pas les baisses de taux d’intérêt qu’il attend. Outre Powell, il a tenté d’évincer la gouverneure Lisa Cook. La Cour suprême doit prochainement trancher cette affaire.
« C’est une inquiétude répandue que ce genre de choses pourraient continuer », a glissé M. Powell, en référence aux poursuites de responsables monétaires. Son séjour prolongé constitue un revers pour Donald Trump, qui a cherché à accélérer son départ et souhaite attribuer son siège de gouverneur à quelqu’un d’autre.
Le président de la Fed a félicité celui que Donald Trump a désigné pour lui succéder, l’ex-gouverneur de la banque centrale (2006-2011) Kevin Warsh. Sous réserve de confirmation par un vote du Sénat, Kevin Warsh prendra ses fonctions le 15 mai en remplacement de Jerome Powell, qui aura présidé la Réserve fédérale durant plus de huit ans.
Dans son discours, M. Powell a souligné l’importance d’avoir une Fed « affranchie des influences politiques ». En la matière, il a déclaré « [croire] sur parole » M. Warsh, qui a assuré lors de son audition au Sénat qu’il ne se laisserait pas influencer par Donald Trump. « Il s’est exprimé de façon très forte là-dessus », a affirmé M. Powell lors d’une conférence de presse.
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Une commission du Sénat a donné quelques heures plus tôt son accord à cette nomination. Un vote en séance plénière sera organisé plus tard pour lever les derniers verrous à son accession au sommet de la Fed.
Source:
www.lemonde.fr





