Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Vendredi 24 avril 2026, le DJ Yann Muller. Il sort aujourd’hui son nouveau single, un remix du titre « Le géant de papier », avec Jean-Jacques Lafon.
Le nom de Yann Muller s’impose aujourd’hui comme l’un des plus marquants de la scène électro française. Il a réussi en quelques années à installer une signature immédiatement reconnaissable, un univers solaire, mélodique, élégant, profondément rassurant d’ailleurs et dansant. Ce qu’il fait est assez unique, il va chercher dans un patrimoine musical que certains pensaient oubliés, parfois même dépassés, pour lui redonner une nouvelle vie. Et ça fonctionne : plus d’un milliard de streams cumulés, une présence sur les plus grandes scènes et surtout un public qui ne cesse de grandir.
Derrière l’artiste, il y a un homme, une élégance, un sens du détail, une allure presque dandy, mais aussi une grande sensibilité. Au fond, reprendre des chansons, ce n’est pas anodin, c’est entrer dans l’histoire des autres pour mieux raconter la sienne. Après son premier album, Madeleine, il revient vendredi 24 avril 2026 avec Le géant de papier, à l’origine interprété par Jean-Jacques Lafon. Un titre fort dans lequel on entend : « Je vais déplacer les montagnes ».
franceinfo : Quand vous reprenez Le géant de papier, est-ce que vous avez le sentiment que c’est exactement ce que vous êtes en train de faire depuis le début ?
Yann Muller : Je dois reconnaître que je ne réalise pas encore ce qui se passe depuis mon début de carrière. L’ascension est impressionnante, mais pour le moment, je prends un plaisir fou, donc j’ai hâte que ça continue. Je fais ça avec passion. Pour le moment, je m’amuse beaucoup.
On va parler de l’enfant que vous étiez, vous avez grandi avec quelle bande-son à la maison ? Comment est entrée la musique dans votre vie ?
Personnellement, j’ai été énormément touché, petit, par Charles Aznavour. Il m’a touché par ses textes. Puis j’ai grandi avec les albums de Johnny Hallyday, sa tournée au Stade de France, toutes ces périodes-là. Je suis un enfant particulier parce que, moi, j’étais beaucoup touché par la musique des années 80, déjà petit.
À quel moment touchez-vous aux platines ?
Les platines sont arrivées tard parce qu’en fait, j’ai toujours travaillé dans ma chambre, un peu comme un jeune qui est sur son ordinateur et qui ne lâche pas le clavier.
« Les platines sont arrivées aux alentours de mes 20 ans, quand j’ai voulu découvrir un peu les émotions. »
J’ai été piqué à partir de ce moment-là, parce qu’on passe d’être seul à rêver de scène et d’un coup ,de voir tout ce public et tout cet amour qu’on reçoit, juste en jouant sa propre musique, c’est vrai que c’est une émotion particulière.
Comment avez-vous trouvé votre place dans un monde où on a tendance à jeter les vinyles, même s’ils reviennent au goût du jour ?
Je trouve qu’aujourd’hui la musique se consomme très rapidement et on a du mal à donner la vie ou de la chance à une musique. En une semaine ou deux, elle peut vite être mise de côté, alors qu’à l’époque, les artistes mettaient un an, deux ans, voire trois ans à construire un album. Je me souviens que quand j’avais un album, je l’écoutais pendant trois ans, je le connaissais par cœur. J’avais le petit livret dans le CD que je lisais attentivement. Donc je trouve qu’on avait un autre respect de la musique et une autre manière de la consommer. Je pense que tout le monde est nostalgique de ça et c’est pour ça que la musique d’avant revient de plus en plus. Je pense que c’est la musique qui fait danser les gens, qui fait sourire, qui fait plaisir, même aujourd’hui, aux enfants qui redécouvrent la musique par rapport à moi. Il redécouvre un Michel Delpech qu’il pouvait ne pas connaître et toutes ces chansons-là, c’est vrai qu’elles reviennent aujourd’hui dans l’actualité et je suis ravi que ça traverse toutes les générations.
Comment avez-vous réussi à vous créer une place en utilisant des titres d’antan ?
Je pense que ça a fonctionné parce que j’assume ma musique. Ça peut paraître parfois has been de reprendre les années 80, alors que moi, c’est la musique que j’aime, donc je la joue avec passion, avec plaisir et je vis la musique. Je pense que les gens apprécient ça et se sentent libres quand ils viennent me voir en concert. Ils se sentent revivre à travers ma musique. Le secret, c’est que j’assume et je vis à fond ma musique.
Avez-vous eu des moments de doutes ?
Toujours. À la base, je suis un grand timide, donc j’ai beaucoup travaillé sur moi. J’ai beaucoup travaillé sur la scène parce qu’il faut se produire devant des milliers de gens, il faut parler au micro, devant des gens. Donc toutes ces choses-là, je les ai travaillées parce que j’ai dû me surpasser. Ce n’était pas naturel pour moi et aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, mais je reviens de loin.
Que représente cette musique, est-ce qu’elle vous a sauvé dans ce parcours ?
Elle m’a transformée, je ne suis plus du tout le petit garçon que j’étais avant. J’ai beaucoup gagné en assurance. Aujourd’hui, je suis un meilleur homme, je suis un homme qui s’assume et, tout ça, c’est venu grâce à la scène et grâce à tout ce que j’ai pu accomplir.
Il y a un album qui arrivera en mars 2027, d’ici là, il va y avoir des sorties de singles au fur et à mesure. Que représente cet album pour vous ?
C’est une consécration, parce que là, j’ai la chance de réenregistrer des tubes des années 80 avec les artistes originaux. Il y a beaucoup de surprises qui vont arriver avec des artistes que j’adore, dont je suis admiratif.
« C’est une consécration de pouvoir partager et de pouvoir échanger avec tous ces artistes qui m’ont bercé toute mon enfance. »
La boucle est bouclée, c’est comme un rêve.
Source:
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