Éteints pour faire des économies d’énergie pendant la guerre en Ukraine, les lampadaires se rallument dans plusieurs villes, depuis les municipales. À Saint-Jean-de-Braye, dans la métropole d’Orléans, le retour de la lumière divise les habitants.
Publié le 24/04/2026 08:36
Mis à jour le 24/04/2026 14:08
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L’extinction des lampadaires, dans certaines communes de France, n’a pas fait que des heureux. Certains ont accueilli cela favorablement, notamment, parce que cela réduisait la facture d’électricité, mais d’autres l’ont très mal vécu, notamment pour des questions d’insécurité.
À Saint-Jean de Braye, dans la métropole d’Orléans, l’obscurité a laissé place à la lumière toute la nuit. Pour la 80e fois, en quelques jours, Alexandre Renaud et son équipe de techniciens ouvrent l’un des boîtiers électriques répartis à travers la ville. À l’intérieur se trouve une horloge qui commande l’éclairage du quartier. Comme des dizaines d’autres, il faut la reprogrammer. Terminée l’extinction totale entre minuit et 6 heures du matin. « Le soleil se lève, l’éclairage s’éteint, le soleil se couche, l’éclairage s’allume », explique ce spécialiste en ce mois d’avril.
Les lampadaires vont de nouveau fonctionner, une mesure saluée par beaucoup d’habitants, rassurés de ne plus se retrouver dans la nuit noire. « Je trouve ça bien. Une ville a besoin d’être éclairée, surtout avec 21 000 habitants », explique une habitante. Une autre ajoute : « La nuit, c’est compliqué si un piéton traverse et qu’on le renverse. Ce n’est pas rassurant. »
« Avec de la lumière, vous êtes moins enclins à faire des bêtises et des incivilités. »
Une habitante de Saint-Jean de Brayeà franceinfo
Certains, au contraire, s’agacent. Sur son vélo, Claire s’inquiète pour la biodiversité. C’est prouvé, les cycles des plantes sont perturbés par la lumière permanente, tout comme les comportements des animaux, chauves-souris ou autres petites bêtes des jardins. « Hier soir, encore, dans le jardin, il y avait toute une faune. Il y a des hérissons qu’on ne va plus voir parce que la rue est allumée aux heures où ils sortent. » Mais le maire, tout juste élu, se veut rassurant : le plus grand parc de la ville, lui, est bien éteint toute la nuit.
Rallumer les lumières représentait une promesse de campagne et une question de bon sens, insiste Cédric Gourin. « Il y a un souci concret lié aux interventions, notamment, des pompiers, de la police municipale. Quand on doit intervenir, c’est forcément plus simple quand c’est allumé. » Il était important de rassurer la population, ajoute l’élu divers droite, même si aucune étude n’a prouvé de lien entre extinction des feux, et hausse de la délinquance. Le maire préfère donc parler d’un « sentiment d’insécurité » que « la population a le droit de ressentir. C’est une réalité, on ne peut pas la nier. On peut la critiquer, la déplorer, mais c’est une réalité. »
Rallumer les lampadaires consomme de l’énergie et coûte de l’argent. Même si la facture reste à déterminer, la hausse devrait rester limitée, assure Cédric Gourin, car les vieux lampadaires sont remplacés par des ampoules LED, qui consomment moins. « À partir de septembre 2026, on sera en 100 % LED. Cela veut dire que la nuit, entre minuit et 5h du matin, on pourra baisser de 50% l’intensité lumineuse. Cela va générer nécessairement des économies, en sachant que le LED s’amortit sur des périodes relativement courtes. »
Carcassonne, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Poitiers, Annecy et beaucoup d’autres villes ont rallumé leurs éclairages publics ces dernières semaines. Avant la guerre en Ukraine, il représentait 1% de la consommation électrique en France. Le chiffre a été divisé par deux au début du conflit et désormais il augmente de nouveau, peu à peu. « Il y a environ 55% des villes en France qui ont éteint tout ou partie de leurs installations en cœur de nuit. Début 2024, les coûts d’énergie sont revenus à des valeurs un peu plus « normales » et l’État a fait baisser des taxes pour pouvoir baisser la facture globale », explique Roger Couillet, de l’Association française de l’éclairage. « Certaines villes ont décidé de remettre en service leur éclairage. »
L’éclairage public, c’est « grosso modo, 30 à 35% de la consommation » d’une grande métropole.
Roger Couillet, de l’Association française de l’éclairageà franceinfo
Pour limiter les dépenses et les impacts de ce rallumage, certaines communes innovent et installent des éclairages intelligents avec détecteurs de mouvement qui s’allument uniquement si c’est nécessaire ou des lumières rouges qui gênent beaucoup moins la biodiversité.
Source:
www.franceinfo.fr





