En plein blocus américain, le rial iranien a chuté à un niveau historiquement bas face au dollar, aggravant une inflation déjà supérieure à 50% et accentuant la crise économique du pays malgré le cessez-le-feu.
La monnaie nationale iranienne a atteint ce mercredi, en plein blocus américain des ports du pays, un plus bas face au dollar depuis l’avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.
Un dollar s’échangeait en début de matinée, selon le taux informel au marché noir, contre environ 1,80 million de rials, tandis qu’un euro valait 2,10 millions de rials, d’après les sites de référence Bonbast et AlanChand.
Il y a deux mois, avant le déclenchement de la guerre par les États-Unis et Israël, le taux était d’environ 1,70 million de rials pour un dollar et de 2 millions de rials pour un euro.
Les analystes alertent sur le fait que la dépréciation du rial pourrait encore aggraver l’inflation dans un pays fortement dépendant des importations. De nombreux biens essentiels -qu’il s’agisse de denrées alimentaires, de médicaments, d’appareils électroniques ou de matières premières- voient leur prix directement influencé par les fluctuations du dollar.
Un billet de 10 millions
Alors que le taux d’inflation a dépassé les 50% en mars, de nombreux experts anticipent une nouvelle hausse dans les mois à venir. Ce qui a d’ailleurs poussé la banque centrale a mettre récemment en circulation un nouveau billet de dix millions de rials dont la valeur ne dépasse pas les 7 euros, un record effaçant le précédent de cinq millions.
Même si le conflit est entré dans une phase de cessez-le-feu, les sanctions et le blocus imposés par les États-Unis continuent de peser lourdement sur une économie déjà affaiblie. En limitant les exportations de pétrole, ces mesures privent l’État d’une source clé de revenus et réduisent l’accès aux devises étrangères, accentuant ainsi les tensions financières.
Cette nouvelle baisse du rial survient quelques mois après un précédent épisode de turbulence monétaire qui avait déclenché des manifestations à l’échelle nationale en janvier. À cette période, la monnaie iranienne avait rapidement chuté, passant d’environ 1,4 million à 1,6 million pour un dollar en moins d’une semaine, alimentant la colère face à l’augmentation du coût de la vie et les inquiétudes sur l’avenir économique.
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