Explorateur élégant des marges et des gouffres américains – My Own Private Idaho (1992), Prête à tout (1995), Elephant (2003), Harvey Milk (2009)… –, Gus Van Sant, 73 ans, parti ces dernières années du côté des séries, revient au cinéma, après une absence de sept ans. Un fait divers psychosocial retient son attention dans La Corde au cou.
Tony Kiritsis obtient de la société de courtage Meridian Mortgage d’Indianapolis un prêt hypothécaire nécessaire à l’achat d’un terrain dont il veut faire un centre commercial. En février 1977, tardant à trouver des investisseurs et cumulant les retards de paiement, il en vient à penser que la banque a saboté son projet. Il kidnappe le fils du directeur, Richard O. Hall, qu’il retient durant trois jours dans son appartement, un fil de fer attaché autour du cou relié à un fusil à canon scié pointé sur sa nuque.
Par quelles voies êtes-vous venu à ce film ?
Je ne connaissais rien de cette histoire. J’ai tout simplement croisé un ami producteur au restaurant qui avait ce projet, dont le metteur en scène et l’acteur s’étaient tous les deux retirés. Lorsqu’il m’a dit que le film devait se tourner dans le Kentucky, où je suis né, ça m’a intéressé. J’ai donc lu le scénario, et découvert ce personnage, que j’ai trouvé complètement fou. La combinaison de ces deux facteurs m’a convaincu.
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Source:
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