Un gendarme, dont le tir a tué un homme armé d’un couteau en Guadeloupe, a été mis en examen « pour violence mortelle par personne dépositaire de l’autorité publique », a déclaré, mardi 14 avril, la procureure de la République de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo.
Après une prolongation de garde à vue, l’auteur du tir a « été déféré au tribunal » dans l’après-midi et placé sous contrôle judiciaire avec notamment « l’interdiction de port d’arme », précise le parquet dans un communiqué.
Les faits ont eu lieu dimanche, en tout début de soirée, quand une patrouille de trois gendarmes a repéré dans une rue de la commune du Moule (Grande-Terre) un homme qui tenait un couteau et qui « refusait de lâcher son arme », a retracé la procureure. Les forces de l’ordre ont utilisé un « pistolet à impulsion électrique » avant de faire usage d’une arme à feu.
Polémique dans l’archipel
La victime, décédée sur place, était âgée de 65 ans. L’homme « avait déjà été hospitalisé en milieu psychiatrique plusieurs fois selon ses proches et avait deux antécédents de rébellion envers les gendarmes », armé, détaille le communiqué.
Dans l’archipel, l’affaire a suscité une polémique. Un collectif de lutte contre les violences policières a dénoncé dans un communiqué « une nouvelle fois, une confrontation avec ceux qui représentent l’Etat colonial français (…) [qui s’est] soldée par un usage disproportionné » d’armes à feu, et demandé de faire « la lumière (…) sur les conditions de ce décès » qu’il qualifie de « meurtre ».
« L’enquête se poursuit dans le cadre de l’instruction », a affirmé le parquet, qui a ajouté qu’une autopsie du corps de la victime avait été réalisée mardi après-midi.
Source:
www.lemonde.fr





