L’anecdote est révélatrice. Le 18 mars, le Financial Times publiait un article, relatant comment des analystes de Bank of America invitaient leurs clients à parier à la baisse sur un panier d’actions constitué de dix-sept institutions financières européennes, de Deutsche Bank à Axa, en plaidant que ces valeurs avaient de bonnes chances de se déprécier, du fait de leur exposition au crédit privé. La thèse sous-jacente étant que la suspicion frappant les acteurs de ce marché aux Etats-Unis allait fatalement rattraper leurs concurrents européens. Les intéressés n’ont pas goûté cette démarche, « basée sur des données erronées concernant Axa », a dénoncé pour sa part l’assureur français, précisant que « Bank of America a retiré sa note ».
Cette passe d’armes illustre bien la volonté des institutions financières européennes de se distancier du vent mauvais venant des Etats-Unis. « Malgré les inquiétudes croissantes concernant certains segments du marché du crédit privé, les dirigeants des plus grandes banques européennes ont affiché leur confiance quant à l’exposition de leurs établissements et ont minimisé la probabilité de risques majeurs pour le secteur », a résumé Morgan Stanley à l’issue d’une conférence organisée mi-mars, à Londres, par la banque américaine et à laquelle ont participé les patrons de Société générale, Commerzbank ou encore UniCredit.
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Source:
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