Chercheur à l’Ecole nationale des ponts et chaussées, Fabien Esculier s’intéresse depuis vingt ans à la valorisation agricole de nos excréments. Il a fondé en 2014 le programme de recherche-action Ocapi (Organisation des cycles carbone, azote et phosphore dans les territoires) qui réinvente des pratiques millénaires, oubliées depuis cinquante ans. Dans Une autre histoire des excréments (Actes Sud, 304 p., 21 euros), il retrace le destin de ce trésor vital, devenu un déchet coûteux et embarrassant.
Vous travaillez à réhabiliter les engrais d’origine humaine. En quoi est-ce important ?
Nous dépensons des sommes colossales à détruire l’azote de nos excrétions dans les stations d’épuration. Et nous consacrons autant d’énergie et d’argent à fabriquer la même quantité d’azote sous forme d’engrais pour nous nourrir. Or, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont mis en lumière les effets catastrophiques des dépendances aux énergies fossiles sur notre autonomie alimentaire. La France achète de l’engrais azoté ou importe du gaz pour le fabriquer à la Russie ou au Qatar. Tant que nous serons dépendants des engrais d’origine fossile pour notre subsistance, notre souveraineté alimentaire sera un leurre.
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Source:
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