La Cour suprême examine ce mercredi 29 avril un dossier capital pour la communauté haïtienne aux États-Unis. À partir de 16 heures, heures locale, elle tranchera sur la fin du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens sur son territoire. Un dispositif légal qui permet à 350 000 citoyens d’Haïti de vivre légalement aux États-Unis, mais que Donald Trump souhaite supprimer.
Publié le : 29/04/2026 – 13:22Modifié le : 29/04/2026 – 13:22
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Avec notre correspondant à Washington,
C’est une procédure décisive pour des centaines de milliers d’immigrants haïtiens qui sera débattue ce 29 avril devant la plus haute juridiction américaine. Une attente qui met en suspens la vie de nombreux réfugiés, comme à Belleville, une petite commune de l’Illinois, où se trouve l’un des cinq plaignants haïtiens à l’origine de cette procédure.
Vilbrun Dorsainvil vient à l’origine de Tabarre, en Haïti, tout près de l’aéroport de Port-au-Prince. Il vit aux États-Unis depuis 2021 grâce à ce fameux Temporary Protected Status, le statut de protection temporaire. Et lorsque l’administration Trump a voulu y mettre fin, il a décidé de saisir la justice fédérale.
« Je n’avais pas d’autre choix. En venant ici, c’est comme si j’avais recommencé une autre vie. Je me suis dit que je devais faire quelque chose pour mon cas et que ça allait peut-être aussi aider les autres », explique-t-il. Lui qui était médecin en Haïti est aujourd’hui infirmier, son diplôme n’ayant pas été reconnu aux États-Unis.
Le risque d’être sans-papiers du jour au lendemain
Comme tant d’Haïtiens, il a fui en raison de la violence des gangs à l’œuvre dans son pays. Mais l’argument du ministère de l’Intérieur, selon lequel Haïti serait sûr désormais pour les Haïtiens, n’a pas manqué de le surprendre. « Ils savent que la situation est critique en Haïti. Ils le savent mais le président Donald Trump a un problème avec les immigrants. Même si vous apportez beaucoup à la communauté, ça ne suffit pas pour lui. Il veut nous renvoyer dans notre pays, même si la situation est chaotique. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans sa tête », explique Vilbrun Dorsainvil.
La Cour Suprême entend ce 29 avril les arguments du gouvernement et des plaignants, alors que le processus est à mi-chemin et devrait aboutir à une décision attendue au mois de juin. Si la plus haute juridiction américaine valide la fin du TPS, l’impact sera considérable pour les quelques 350 000 Haïtiens présents aux États-Unis et qui se retrouveraient sans-papiers du jour au lendemain, avec une interdiction de travailler et très peu de solutions de repli puisque les demandes d’asile et de cartes vertes sont bloquées.
Andrew Tauber, l’un des avocats qui défend les Haïtiens devant la Cour suprême, explique qu’il y a d’autres implications considérables sur le plan juridique et familial. « De nombreux détenteurs du TPS aux États-Unis ont eu des enfants pendant leur séjour ici. Or, tout enfant né sur le sol américain est un citoyen américain. Donc, très souvent, les détenteurs du TPS sont les parents d’un ou de plusieurs enfants américains et feraient face à cette question : que faire de leurs enfants ? Les emmener en Haïti, affronter le chaos et les menaces ou les laisser aux États-Unis avec une sorte de tuteur légal ? »
Mais même si la décision de l’administration est cassée, le répit serait sans doute de courte durée pour les plaignants puisqu’il suffira au gouvernement américain de trouver d’autres motifs juridiques pour relancer une mesure de suspension du TPS et un nouveau marathon judiciaire.
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Source:
www.rfi.fr





