- Advertisement - spot_imgspot_img
AccueilActualités internationalesConférence de Santa Marta: la Colombie lance un appel à sortir de...

Conférence de Santa Marta: la Colombie lance un appel à sortir de la dépendance au pétrole et au charbon

En Colombie, la première conférence internationale sur l’avenir des énergies fossiles se clôture ce mercredi 29 avril. Une deuxième édition est déjà annoncée pour 2027, portée cette fois par l’État des Tuvalu, dans le Pacifique. Mardi, le président Gustavo Petro est intervenu après la première assemblée plénière, rappelant l’urgence d’accélérer la transition énergétique dans un monde traversé par les crises.

Publié le : 29/04/2026 – 09:11Modifié le : 29/04/2026 – 09:13


4 min Temps de lecture

C’est au bord de la mer des Caraïbes, avec des navires de charbon au large, que la Colombie accueille ces mardi 28 et mercredi 29 avril plus de 50 pays volontaires pour une première conférence sur la sortie des énergies fossiles, en réponse à l’échec récent des COP sur le sujet.

Dans un discours bref et direct, Gustavo Petro est revenu sur le contexte mondial de la crise et ses conséquences. « On nous pousse vers la possibilité de guerres généralisées, vers une extinction de l’humanité, une rupture du système général du droit international ; c’est ce qu’on appelle la barbarie. Et la barbarie est l’artisan des fascismes, elle en est leur mode de fonctionnement. Mais nous voulons être un exemple », déclare le président colombien.

La Colombie veut « être un exemple »

Le pays sud-américain est loin d’être l’élève parfait, note notre correspondante à Santa Marta, Najet Benrabaa. Son économie reste largement dépendante de l’exploitation du pétrole et du charbon, et c’est précisément ce que cherche à changer l’Initiative du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles. « La Colombie a seulement 0,5% des réserves de pétrole et 0,05% des réserves de gaz. Et en termes de carbone, elle en a beaucoup plus. L’exportation de pétrole et de carbone représente environ 40-50% de son économie, du moins en 2022. Mais on ne peut pas dépendre d’une chose qu’on n’a pas. C’est un fait que comprend le président, et son projet politique », précise Andrés Gomez, le coordinateur pour l’Amérique latine de cette initiative.

À noter que la crise énergétique générale causée par la guerre au Moyen-Orient n’était pas prévue l’an dernier, lorsque la Colombie et les Pays-Bas ont annoncé cette réunion alors décidée pour contourner la paralysie récente des conférences climatiques annuelles de l’ONU. Dans les COP, la règle du consensus a empêché depuis deux ans toute avancée contre le pétrole, le gaz et le charbon, dont la combustion depuis le XIXe siècle est la cause principale du réchauffement de la planète.

La hausse des cours du pétrole depuis mars, et donc de l’essence et du kérosène, a donné une seconde raison d’être à la réunion, dans la ville portuaire de Santa Marta. Des pays européens mais aussi le Nigeria, le Canada, l’Angola et le Brésil y seront représentés. Les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre – États-Unis, Chine, Inde – et les pays du Golfe sont, eux, absents.

« La transition au-delà des énergies fossiles »

Susana Muhamad, l’ex-ministre colombienne de l’Environnement, estime que ce type de conférences, et leur répétition dans le temps, auront un impact à long et à court terme, notamment au regard de la guerre au Moyen-Orient. « C’est absolument historique, surtout au regard du moment géopolitique que nous traversons. Ces États se retrouvent ici sous la bannière « la transition au-delà des énergies fossiles », et ce thème peut jouer un rôle de contre-pouvoir face au gouvernement américain actuel. Il peut avoir des répercussions géopolitiques réelles, si nous restons fermes dans notre intention de poursuivre la transition énergétique », assure-t-elle à RFI. 

« J’ai le sentiment qu’ici, on est en train de planter une graine. Et quand la crise énergétique mondiale déclenchée par les États-Unis cette année s’aggravera, quand les effets économiques commenceront à se faire sentir sur l’inflation, sur l’alimentation, sur l’accès à l’énergie, et que tout cela se mêlera au super El Niño climatique annoncé pour le deuxième semestre, on se souviendra de ces pays, et de l’espace politique qu’ils ont su construire. » Depuis sa création il y a deux ans, le traité a déjà été signé par 18 pays, dont le Pakistan, le Cambodge et la Colombie.

 

À lire aussiEn plein choc énergétique, une conférence internationale en Colombie pour sortir des fossiles


Source:

www.rfi.fr

Annonce publicitairespot_img

Derniers articles

Annonce publicitairespot_img